Soudan: à Khartoum, le titanesque chantier de déminage d’une capitale dévastée

Démineurs au travail à Khartoum : un parc en voie de réhabilitation

Dans un parc de Khartoum, les zones déminées sont clairement signalées par des poteaux peints en jaune, tandis que des panneaux rouges avec des têtes de mort interdisent l’accès. L’équipe de démineurs, travaillant sous un soleil intense, est la seule autorisée à intervenir dans ces zones. Hussein Idris, un démineur de 60 ans, déclare : « C’est un travail difficile, mais, heureusement, nous sommes toujours en vie, et le parc pourra être encore mieux qu’avant. »

Hussein Idris, qui exerce ce métier depuis près de 20 ans, s’emploie à nettoyer le parc d’Al-Mugran, fortement miné suite à deux années de conflits entre l’armée soudanaise et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Le parc, situé à l’entrée ouest du centre de Khartoum, a été un point stratégique durant les premiers jours de la guerre. Jomaa Ibrahim, le chef de l’équipe, explique que « les mines empêchaient les troupes qui arrivaient de se déployer », sans préciser quel groupe a posé ces mines.

La stratégie militaire était claire : toute avancée sur la route exposait l’ennemi aux tirs de snipers positionnés dans les bâtiments environnants, tandis que les mines, conçues pour mutiler et démoraliser, rendaient toute tentative de couverture périlleuse. Depuis août, 164 objets dangereux ont été retirés, incluant 19 mines antipersonnel et 7 mines antivéhicules. Ibrahim indique que « 80 % de la zone a été déminée » et que les travaux devraient s’achever en mai, permettant ainsi aux familles de retrouver ce parc autrefois prisé.

Cependant, ce chantier n’est qu’une petite partie des efforts nécessaires dans la ville. D’autres champs de mines ont été découverts, et les combats ont laissé derrière eux des bombes incendiaires et de nombreuses munitions non explosées. Des journalistes de l’AFP ont observé un obus de char non explosé, rouillé, au milieu d’une rue. Les autorités affirment avoir neutralisé des dizaines de milliers d’explosifs à Khartoum.

Depuis la reprise de la capitale par l’armée, plus de 1,8 million de personnes sont rentrées, principalement dans des zones déminées. Cependant, de nombreux quartiers restent abandonnés, et des familles revenant chez elles ont découvert des grenades et des obus dans leurs habitations. Depuis un an, des accidents liés à des explosifs ont entraîné de nombreuses victimes. Le Conseil danois pour les réfugiés a retiré plus de 12 000 composants potentiellement explosifs dans la ville.

Mohammad Sediq Rashid, chef du programme de lutte antimines de l’ONU au Soudan, a souligné le danger auquel font face les familles rentrantes, souvent inconscientes des risques.

Source : Agence France-Presse (AFP)

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