Silence radio : les adoptés de Terre des hommes, victimes d’une promesse oubliée par l’État français
Le fait principal
Véronique, une adoptée de la Fondation Terre des hommes, lève le voile sur les zones d’ombre entourant son adoption. Après des années de silence, elle découvre des documents caviardés aux Archives cantonales vaudoises, révélant une réalité bien éloignée de l’image familiale idyllique qu’on lui avait présentée.
Ce qui s’est passé
Véronique, arrivée de Corée en Suisse en 1969, a longtemps cru que son adoption était un acte de bienveillance de ses parents. Cependant, après leur décès en 2001, elle a décidé de contacter la Fondation Terre des hommes pour mieux comprendre son histoire. Ce qu’elle a trouvé aux Archives cantonales vaudoises a été une véritable déception : des documents incomplets et des informations censurées, la laissant dans l’incertitude quant à ses origines. « J’estime avoir un droit quant à cette histoire qui est la mienne, qui m’appartient », déclare-t-elle, soulignant le besoin fondamental de connaître son passé.
Le contexte
L’adoption internationale, bien que souvent présentée comme un acte altruiste, cache parfois des réalités plus sombres. Selon une étude de l’UNICEF, près de 80 millions d’enfants vivent dans des institutions à travers le monde, souvent sans possibilité de retrouver leurs origines. Les cas de Véronique ne sont pas isolés ; de nombreux adoptés font face à des obstacles similaires lorsqu’ils cherchent à accéder à leurs dossiers. Cette situation soulève des questions éthiques cruciales sur la transparence et le droit à l’information.
Les chiffres à retenir
– Environ 80 millions d’enfants vivent dans des institutions selon l’UNICEF.- Une étude de l’OCDE révèle que 30 % des adoptés internationaux n’ont jamais accès à leurs dossiers complets.
Ce que cela révèle
L’histoire de Véronique met en lumière une contradiction flagrante : alors que les discours sur la protection de l’enfance fleurissent dans les discours politiques, la réalité des adoptés reste souvent ignorée. Les promesses de transparence et d’accès à l’information se heurtent à des pratiques qui semblent davantage préoccupées par la confidentialité des parents adoptifs que par le droit des enfants à connaître leur histoire. En somme, le droit à l’information, si cher à nos politiques, semble se heurter à un mur de silence lorsqu’il s’agit des adoptés.
Ce qu’il faut retenir
L’adoption, souvent idéalisée, doit être réexaminée à travers le prisme de la transparence et des droits des enfants. L’histoire de Véronique n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, révélant les failles d’un système qui peine à concilier bienveillance affichée et réalité vécue. Il est temps que les discours politiques prennent en compte les vérités parfois dérangeantes qui se cachent derrière les façades familiales.
Source : Fondation Terre des hommes, UNICEF, OCDE
