Sénateurs en panne : le commerce de proximité s’étiole, la droite s’éparpille !
Le fait principal
La proposition de loi visant à encadrer les loyers commerciaux a été rejetée par le Sénat, malgré l’alerte lancée par la sénatrice Audrey Linkenheld sur la décommercialisation qui touche l’ensemble des territoires.
Ce qui s’est passé
Mercredi, la sénatrice du Nord, Audrey Linkenheld, a tenté de sensibiliser ses collègues sur l’urgente nécessité d’encadrer les loyers commerciaux, un sujet brûlant pour de nombreux commerçants en difficulté. Sa proposition, inspirée par la loi Alur de 2014 sur les loyers locatifs, a été balayée par le Sénat, avec un vote de 227 voix contre 113. Le gouvernement et la majorité sénatoriale ont exprimé leurs réserves, arguant que les mes proposées seraient trop restrictives et risqueraient de dissuader les investisseurs.
Le contexte
Les commerçants, face à des loyers exorbitants, se battent pour leur survie. À Lille, des pétitions circulent, et des élus alertent sur des fermetures en série. Linkenheld proposait des mes audacieuses, y compris un encadrement des loyers dans les communes ayant une taxe sur les friches commerciales. Mais devant l’opposition du ministre du Commerce, Serge Papin, qui a jugé le texte trop contraignant, le compromis d’un « observatoire des loyers commerciaux » a été insuffisant pour faire avancer la législation.
Les chiffres à retenir
– 227 voix contre 113 : résultat du vote au Sénat sur la proposition de loi.- 20% : taux de vacance commerciale au-delà duquel les maires pourraient exercer un droit de préemption.- Loyer d’une pizzeria à Lyon : de 7.600 euros annuels en 2010 à plus de 36.000 euros en 2017.
Ce que cela révèle
Cette situation met en lumière une contradiction frappante : le gouvernement prétend vouloir soutenir le commerce de proximité tout en rejetant des mes concrètes qui pourraient aider ces acteurs économiques. La position de Serge Papin, qui évoque le risque de dissuader les investisseurs, semble ignorer le fait que les commerces ferment déjà faute de clients, une réalité que les chiffres ne peuvent plus cacher. Le RN, toujours prompt à défendre les petits commerces, reste étrangement silencieux sur ce sujet crucial, préférant se concentrer sur des discours populistes tout en laissant les véritables problèmes économiques sans réponse.
Ce qu’il faut retenir
La décommercialisation est un phénomène alarmant qui nécessite des actions immédiates et efficaces. Le rejet de la proposition de loi sur l’encadrement des loyers commerciaux par le Sénat est une occasion manquée de redonner vie aux centres-villes. À l’heure où les commerces de proximité s’éteignent, le gouvernement doit choisir entre la parole et l’action. La survie de ces commerces ne peut pas attendre.
Source : Michel Tendil, Localtis
