Sénas : Philippe Ginoux alerte sur la dégradation des finances locales lors de son bilan semestriel.
Sénas : Philippe Ginoux dénonce l’asphyxie des finances locales
De nombreux Sénassais étaient présents, mardi 15 septembre, lors de la réunion publique du maire Philippe Ginoux, qui a dressé un bilan de ses six premiers mois de mandat. L’édile a souligné que « l’époque des maires bâtisseurs restés en poste trente ou quarante ans » est désormais révolue, mettant en avant un changement de paradigme financier.
Philippe Ginoux a expliqué que l’action publique ne se me plus au nombre de projets réalisés, mais à la capacité d’optimiser les ressources financières. Il a évoqué une « clochardisation de l’État », déplorant la nécessité de mutualiser les moyens entre communes pour éviter le déclin ou l’augmentation des impôts locaux.
Cette mutualisation se concrétise par des initiatives telles que l’ouverture de la piscine de Mallemort aux élèves des écoles de Sénas, permettant à 191 enfants d’accéder à des cours de natation. Dimitri Farro, maire de Mallemort, a souligné que « faire mieux avec moins cher » est devenu une obligation pour les maires.
Cependant, cette quête d’efficacité est confrontée à des défis financiers. Philippe Ginoux a détaillé les contraintes budgétaires qui pèsent sur les finances communales : l’augmentation des coûts énergétiques, qui a entraîné un surcoût de 300 000 € sur trois ans, la chute de la dotation globale de fonctionnement (DGF) passée de 816 000 € en 2010 à 40 000 € aujourd’hui, et l’augmentation des cotisations patronales de retraite des agents territoriaux, représentant un surcoût de 800 000 € sur quatre ans.
Pour compenser cette réduction des marges de manœuvre, la municipalité prévoit de rationaliser ses effectifs, réduisant le nombre d’agents de 172 à 105, tout en cherchant à créer des recettes économiques propres.
Le maire de Sénas a également exprimé des préoccupations concernant la Métropole Aix-Marseille-Provence, qui traverse une crise politique et financière. Les élus des communes périphériques dénoncent un centralisme marseillais qui privilégie les grands projets urbains au détriment des besoins des zones rurales. La menace de suppression de la dotation de solidarité communale, représentant une perte de 168 000 € pour Sénas, est perçue comme un « coup de poignard » à la démocratie de proximité.
Source : La Provence
