Sécheresse et incendies : la fédération de chasse interroge l’ouverture de la chasse au gibier d’eau.
Sécheresse, canicules, incendies : faut-il reporter l’ouverture de la chasse au gibier d’eau ?
La chasse au gibier d’eau s’ouvre ce vendredi dans 44 départements français. Cependant, la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et quatre autres associations demandent un report de cette ouverture pour offrir un répit aux animaux sauvages, déjà éprouvés par la chaleur et la sécheresse. Franceinfo s’est rendu en Sologne, où chasseurs et défenseurs de la nature s’opposent sur la conduite à tenir.
Contexte factuel
La LPO a exprimé ses préoccupations face à la sécheresse extrême, aux canicules répétées et aux incendies ayant ravagé certaines forêts françaises. Elle a demandé au ministre et aux préfets de suspendre la chasse pour permettre à la faune de se rétablir après les événements climatiques de cet été. En Sologne, une région comprenant 3 200 étangs, les chasseurs dénoncent ce qu’ils considèrent comme un prétexte pour interdire leur loisir.
Nicolas Manssens, chasseur et président de l’association des chasseurs de gibiers migrateurs du Cher, affirme que les conditions de cette année sont moins sévères que celles de 2023. Il précise : « On a eu des années avec des niveaux beaucoup plus bas que ça. Les fortes chaleurs n’ont pas aidé au développement des jeunes canetons. Mais bon. ». Bien qu’il ne chasse pas sur son étang ce week-end, il souligne l’importance de partager ce moment avec ses pairs.
Données ou statistiques
Actuellement, 77 % du territoire français est touché par la sécheresse. Marie Blondel, chargée de missions naturalistes à Sologne nature environnement, explique que le manque d’eau force toutes les espèces, chassables et non chassables, à se rassembler aux mêmes endroits. Elle souligne que tirer sur les espèces chassables peut déranger celles qui sont protégées, entraînant une pression supplémentaire sur la faune.
La France détient le record en Europe avec 64 espèces d’oiseaux chassables, tandis que l’Espagne et l’Italie n’en chassent que 34. La préfecture du Var prévoit de prendre un arrêté pour interdire la chasse dans les secteurs boisés incendiés afin de favoriser le repeuplement par le petit gibier.
Conséquence directe
La situation actuelle appelle à une réflexion sur la gestion de la faune et des habitats, soulignant la nécessité de préserver les écosystèmes face aux pressions climatiques. Le débat sur le report de l’ouverture de la chasse illustre la tension entre la conservation de la nature et les traditions de chasse, dans un contexte où les enjeux environnementaux sont de plus en plus prégnants.
Source : Franceinfo.
