
Sans confiance, peut-il y avoir une démocratie ?
La confiance est un élément fondamental pour le bon fonctionnement de la société. Être perpétuellement sur ses gardes engendre anxiété et agressivité, rendant la vie quotidienne difficile. En médecine, la paranoïa est associée à de grandes souffrances. En politique, la confiance des citoyens est un indicateur clé de la santé démocratique.
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) souligne que « la confiance de la population est un pilier de la démocratie, car elle favorise le débat et la participation, encourage le respect de la loi et facilite les réformes ». Cependant, la méfiance envers le monde politique est en hausse, comme le révèlent divers sondages dans les pays occidentaux.
Des données de Statistique Canada montrent une baisse significative de la confiance dans les institutions. En 2013, 38 % des Canadiens affirmaient faire confiance au Parlement fédéral, un chiffre qui a chuté à 28 % en 2023. Les services de police, qui avaient un taux de confiance de 76 % en 2013, sont passés à 65 % en 2023. Quant au système de justice, la confiance est passée de 57 % à 48,6 % sur la même période. Les médias, déjà peu soutenus, ont vu leur confiance diminuer de 40 % à 36,7 %.
Cette situation est préoccupante, mais des solutions existent. L’OCDE suggère de repenser les processus de participation électorale, surtout lorsque 53 % des citoyens estiment que le système politique ne leur permet pas de s’exprimer. Ce manque de confiance s’étend à la vie quotidienne, où les cas de fraude se multiplient. Un sondage réalisé par Léger indique qu’un quart des Canadiens ont déjà été victimes de fraude ou d’extorsion. En 2025, les signalements de fraude ont atteint plus de 704 millions de dollars, selon le Centre antifraude du Canada.
Les fraudes s’intensifient, illustrées par des cas récents où des courriels ont été interceptés, entraînant des pertes financières importantes. Les nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle, exacerbent cette méfiance, en permettant la création de contenus et de documents falsifiés. Cela soulève des inquiétudes quant à la véracité des informations et à la confiance envers les institutions.
Ainsi, la méfiance envers autrui s’accompagne d’une confiance aveugle dans les technologies, ce qui pose des questions sur l’avenir de la démocratie et la santé citoyenne.
Source : Statistique Canada, OCDE


