
Rodrigo Duterte sera jugé devant la Cour pénale internationale
La Cour pénale internationale (CPI) a annoncé jeudi que Rodrigo Duterte, ancien président des Philippines, sera jugé pour crimes contre l’humanité, des accusations liées à sa « guerre contre la drogue ». Les juges de la phase préliminaire ont confirmé à l’unanimité les chefs d’accusation retenus contre lui, marquant une étape importante dans cette affaire.
Âgé de 81 ans, M. Duterte est accusé d’être impliqué dans au moins 76 meurtres, dans le cadre d’une opération qui aurait causé la mort de plusieurs milliers de personnes. Il sera le premier ancien chef d’État asiatique à comparaître devant la CPI, qui s’occupe des crimes les plus graves, tels que les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité.
La CPI traverse actuellement une période difficile, notamment en raison de sanctions imposées par les États-Unis à des juges et responsables clés, après l’émission de mandats d’arrêt contre des dirigeants israéliens en lien avec le conflit à Gaza.
Il est probable que M. Duterte ne se présente pas physiquement devant les juges, sa défense affirmant qu’il est trop affaibli mentalement pour suivre la procédure. Il n’a pas été vu lors des audiences de confirmation des charges, à l’exception d’une comparution par visioconférence, durant laquelle il semblait désorienté.
Les juges ont exprimé qu’il existe « des motifs sérieux de croire que Duterte est responsable des crimes contre l’humanité, notamment le meurtre et la tentative de meurtre ». Lors de l’audience de confirmation des charges, les procureurs ont révélé que M. Duterte avait ordonné l’exécution de milliers de personnes accusées de trafic ou de consommation de drogue, d’abord en tant que maire de Davao, puis en tant que président.
Les accusations incluent son implication présumée dans 19 meurtres entre 2013 et 2016, ainsi que 14 meurtres de « cibles de grande importance » entre 2016 et 2017. Un troisième chef d’accusation concerne 43 meurtres commis lors d’opérations de « nettoyage » visant des consommateurs ou des revendeurs de drogue présumés entre 2016 et 2018.
L’avocat de M. Duterte a contesté les accusations, affirmant qu’il n’y a pas de preuve irréfutable et que son client clame son innocence. Les familles des victimes, représentées par l’avocate Paolina Massidda, espèrent que ce procès apportera enfin la justice qui leur a été refusée.
Dans une procédure distincte, la Chambre d’appel de la CPI a confirmé la compétence de la Cour dans cette affaire, rejetant un recours de la défense.
Source : Cour pénale internationale.



