Que deviennent nos données après la mort ? Le casse-tête de l’héritage numérique

Que deviennent nos données après la mort ? Le casse-tête de l’héritage numérique

Quand Jacques (le prénom a été changé) est décédé à 71 ans d’une crise cardiaque en mars 2025, sa famille s’est retrouvée confrontée à un défi inattendu : la gestion de son héritage numérique. Bien qu’il ait laissé un testament, aucun de ses proches n’avait accès à ses comptes en ligne. Sa compagne témoigne : « Pour contacter EDF, GDF, Orange, ou identifier et résilier ses nombreux contrats et abonnements en ligne, ça a été un cauchemar. » Un an après son décès, sa photo souriante est toujours visible sur des réseaux sociaux tels que LinkedIn, Facebook et Instagram. Selon des chercheurs de l’université d’Oxford, d’ici 2070, le nombre de comptes Facebook de personnes décédées pourrait dépasser celui des utilisateurs vivants.

Les entreprises comme Meta (propriétaire de Facebook, Instagram et WhatsApp) ont mis en place des procédures permettant aux légataires de supprimer les profils des défunts ou de les transformer en pages commémoratives. Cependant, ces démarches demeurent complexes et fastidieuses, nécessitant de contacter chaque plateforme individuellement.

Impôts, Sécurité sociale, banque…

Les réseaux sociaux ne représentent qu’une partie des enjeux liés à l’héritage numérique. De nombreux services publics, tels que les impôts, la sécurité sociale, et les allocations familiales, ont également migré vers des plateformes numériques. Cela complique davantage la gestion des affaires des défunts, car les proches doivent naviguer dans un système qui exige des identifiants et des mots de passe souvent introuvables.

En outre, l’essor de la numérisation a conduit à une augmentation significative du nombre de comptes en ligne détenus par les Français. D’après la notaire Alexia Arno, chaque citoyen dispose en moyenne d’une quarantaine de comptes en ligne.

La complexité de ce paysage numérique soulève des questions sur la manière dont les données personnelles doivent être gérées après le décès. La nécessité d’une législation claire sur l’héritage numérique devient de plus en plus pressante, afin de protéger les droits des individus et de faciliter la transmission des données aux héritiers.

Source : Nouvel Obs

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