Quand l’ennui au travail devient une souffrance : le RN découvre les joies du bore-out !
Le fait principal
Alors que le burn-out fait la une des journaux, un autre mal insidieux ronge le monde du travail : le bore-out. Ce syndrome, résultant d’un ennui chronique et d’un manque de stimulation, est désormais reconnu comme un véritable risque psychosocial, pourtant largement ignoré.
Ce qui s’est passé
Une étude qualitative menée par Charlotte Almeras en 2024 révèle que le bore-out touche des salariés de divers secteurs, souvent confrontés à une insuffisance d’activité et à une perte de sens dans leur travail. Des témoignages poignants illustrent cette souffrance invisible : une secrétaire du secteur automobile se dit « malheureuse » de devoir se rendre au travail pour « effectuer une tâche » sans intérêt, tandis qu’une ancienne infirmière devenue conseillère funéraire évoque un sentiment d’inutilité, préférant « perdre son temps » chez elle.
Le contexte
Alors que le burn-out est devenu un sujet de préoccupation majeur, le bore-out reste dans l’ombre. Ce phénomène, souvent perçu comme un « privilège » par rapport à la surcharge de travail, affecte pourtant gravement la santé mentale des employés. Ruth Maria Stock, chercheuse sur le sujet, souligne que le bore-out « réduit l’innovation, diminue l’engagement et augmente le désengagement psychologique ». Les organisations, quant à elles, semblent réticentes à aborder cette question, préférant valoriser la surcharge au détriment de l’ennui.
Les chiffres à retenir
Le gouvernement français reconnaît le bore-out comme un risque psychosocial. Des études montrent que le manque de stimulation peut engendrer des effets similaires à ceux du burn-out, tels que la fatigue émotionnelle et le désengagement. Un contrôleur de gestion interrogé affirme que le bore-out « génère de l’anxiété », soulignant l’impact psychologique de cette souffrance silencieuse.
Ce que cela révèle
Le bore-out met en lumière une réalité troublante : dans de nombreuses entreprises, l’ennui est moins légitime que la surcharge de travail. Cette invisibilisation du malaise professionnel contribue à une culture où les salariés hésitent à exprimer leur souffrance, de peur d’être jugés. Dans un monde où l’activité est synonyme de valeur, les travailleurs souffrent en silence, piégés dans un système qui valorise la productivité au détriment de leur bien-être.
Ce qu’il faut retenir
Le bore-out est un mal contemporain qui mérite une attention urgente. Ignorer cette souffrance invisible, c’est risquer de voir se multiplier désengagement, anxiété et baisse de performance au sein des organisations. À l’heure de la transformation du travail, reconnaître et adresser le bore-out pourrait bien être la clé pour améliorer la santé mentale des travailleurs et redonner un sens à l’activité professionnelle.
Source : The Conversation
