Quand le changement climatique devient un accessoire de campagne : l’ONU face aux promesses en l’air du RN.
Le fait principal
Ce mardi 22 septembre, la 81ᵉ assemblée générale de l’ONU s’ouvre à New York. Pour Antonio Guterres, ce sera le dernier grand rendez-vous en tant que secrétaire général, après deux mandats consacrés à l’action climatique. Sept candidats se disputent sa succession, mais tous ne semblent pas partager la même passion pour la lutte contre le changement climatique.
Ce qui s’est passé
Plus de 130 chefs d’État et de gouvernement prendront la parole durant cette assemblée, alors que le monde fait face à des crises multiples. Guterres a souvent déclaré que « le climat mondial est en état d’urgence », mettant ainsi la pression sur ses successeurs. Parmi les candidats, on retrouve Rebeca Grynspan du Costa Rica, Carolyn Rodrigues-Birkett du Guyana, et quatre autres, dont deux Équatoriennes. Alors que certains affichent des ambitions climatiques, d’autres semblent plus préoccupés par des enjeux économiques.
Le contexte
Le changement climatique, bien que crucial, ne figure pas au sommet de l’agenda de tous les candidats. Par exemple, Olara Otunnu, de l’Ouganda, voit le changement climatique comme un défi, mais sans compromettre « la prospérité économique ou la sécurité énergétique ». En parallèle, Carolyn Rodrigues-Birkett place la sécurité alimentaire et le climat au cœur de ses priorités. Ce contraste soulève des questions sur la direction que prendra l’ONU sous un nouveau leadership, surtout dans un contexte où les États-Unis, sous l’ère Trump, ont souvent ignoré les enjeux climatiques.
Les chiffres à retenir
Trois tours de vote test se sont déjà tenus au sein du Conseil de sécurité, avec Grynspan en tête lors du dernier, le 18 septembre. Elle a déclaré avoir trois priorités : la paix, la sécurité et la réforme des Nations unies. Pour être élu, le futur secrétaire général devra obtenir neuf votes des 15 pays membres et éviter un veto des membres permanents.
Ce que cela révèle
La prudence des candidats face aux enjeux climatiques révèle une réalité inquiétante : parler trop de climat pourrait leur coûter cher en termes de soutien. Comme le souligne la politologue Erin Sikorsky, « trop s’exprimer sur le climat pendant la sélection risque de mettre les candidats en danger ». Une fois élus, cependant, ignorer le climat sera impossible, surtout après un été marqué par des vagues de chaleur en Europe et des inondations au Népal. Cela met en lumière une contradiction troublante : les candidats semblent prêts à sacrifier une cause vitale sur l’autel du consensus politique.
Ce qu’il faut retenir
La course à la succession de Guterres met en lumière un dilemme : comment aborder la question du climat sans s’exposer à des oppositions politiques ? Le futur secrétaire général, qui prendra ses fonctions le 1er janvier 2027, devra impérativement faire face à cette réalité incontournable. La question est de savoir qui osera réellement prendre le climat à bras-le-corps.
Source : RFI
