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Quand la noblesse se mêle de politique : l’absurde ascendance de Bally Bagayoko
Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, revendique une lignée noble soninké. Mais cette proclamation soulève des questions troublantes sur l’identité et la réalité historique.
Dans un monde où les discours identitaires prennent le pas sur la rationalité, Bally Bagayoko, tout juste élu maire de Saint-Denis, vient de faire une déclaration pour le moins audacieuse : il se dit issu de la noblesse malienne. Loin de s’arrêter là, il ajoute que « l’engagement politique, je l’ai dans le sang ». Une affirmation qui, dans le contexte actuel, ne peut que susciter l’incrédulité et l’ironie.
Ce qui se passe réellement
Certains observateurs, pourtant, se sont empressés de pointer du doigt cette prétendue noblesse. En effet, chez les Soninké, la société est stratifiée en castes, où les nobles occupent le sommet, suivis des artisans et des esclaves-dépendants. Les forgerons, dont se réclame Bagayoko, ne figurent pas parmi les nobles, bien qu’ils soient respectés pour leur savoir-faire. La confusion est donc manifeste et révèle une méconnaissance des réalités sociales qu’il prétend incarner.
Pourquoi ça dérange
Ce qui est particulièrement dérangeant, c’est la manière dont cette ascendance est utilisée pour légitimer un discours politique. Les décoloniaux, qui scrutent chaque mot d’un « homme blanc », semblent ignorer que les origines sociales sont tout aussi pertinentes pour un homme d’origine soninké. Pourquoi cette asymétrie dans le traitement des discours identitaires ? Cela soulève des questions sur la possibilité d’un débat véritablement égalitaire.
Ce que ça révèle
Ce phénomène met en lumière une contradiction fondamentale : peut-on vraiment revendiquer une ascendance noble tout en s’érigeant en défenseur des opprimés ? Le statut d’esclave dans la société soninké, qui persiste même aujourd’hui dans les mentalités, remet en question la légitimité de cet engagement. Saint-Denis pourrait devenir un laboratoire sociologique où les anciennes hiérarchies sociales se transforment en clientélisme électoral, tout en préservant des structures profondément ancrées.
Lecture satirique
Imaginez un instant : un maire qui se présente comme le champion des laissés-pour-compte, tout en se drapant dans une noblesse qui n’est qu’un souvenir lointain. La satire est évidente. Qui pourrait croire que, dans un pays où l’égalité est brandie comme un étendard, des discours de ce type soient non seulement acceptés, mais applaudis ? C’est l’absurde à son paroxysme.
À quoi s’attendre
À l’heure où les discours identitaires se multiplient, il est crucial de garder un œil critique sur les implications de tels propos. La société soninké, avec son passé esclavagiste, pourrait bien devenir un modèle de ce qu’il ne faut pas reproduire. Reste à savoir si les électeurs de Saint-Denis réaliseront que leur nouveau maire, dans sa quête de légitimité, pourrait bien être en train de réécrire l’histoire à sa façon.
Sources
Dans une société où l’identité est devenue une arme, il est plus que jamais nécessaire de réserver son jugement. En attendant, pourquoi ne pas comparer les différentes facettes de cette histoire, afin d’anticiper les coûts de cette nouvelle ère politique ? Évitons les frais d’un débat biaisé, car la vérité, aussi dérangeante soit-elle, mérite d’être entendue.



