La Haute Autorité de santé (HAS) recommande de maintenir l’inscription du système MYOBOCK sur la liste des produits et prestations remboursables (LPPR). Cet avis, rendu le 26 mai 2026 et publié le 7 octobre, concerne une prothèse myoélectrique destinée aux personnes ayant une amputation ou une agénésie d’un ou des deux membres supérieurs. Il ne constitue pas, à lui seul, une décision définitive sur les modalités de remboursement.
Une prothèse commandée par les signaux musculaires
Le système MYOBOCK associe une emboîture adaptée, des électrodes et des capteurs, des batteries et un ou plusieurs éléments fonctionnels, comme une main, une pince ou, selon le niveau d’amputation, un coude prothétique. Les signaux des muscles résiduels permettent à l’utilisateur de commander certains mouvements.
La commission de la HAS estime que le service rendu est suffisant pour renouveler l’inscription du dispositif, dans l’indication des amputations ou agénésies uni- ou bilatérales du membre supérieur. Elle recommande une durée d’inscription de cinq ans. L’avis porte sur le dispositif et son évaluation ; il ne signifie pas que chaque personne concernée est automatiquement éligible à une prothèse ou à sa prise en charge.
Des évolutions techniques, sans nouvelle preuve clinique
Le dossier décrit plusieurs évolutions : réglage de certaines mains par Bluetooth via une application, nouvelles électrodes associées au processeur MYOSMART et ajout de poignets pouvant être orientés et verrouillés. Les réglages peuvent aussi être accessibles à un orthoprothésiste autorisé. La HAS indique que les données concernent des aspects techniques et que le dossier ne comporte pas de nouvelle étude clinique évaluant l’effet de ces changements sur les utilisateurs.
La commission attribue une amélioration modérée du service rendu par rapport aux descriptions génériques actuellement en vigueur. En revanche, elle ne reconnaît pas d’amélioration par rapport à une proposition de nomenclature des prothèses myoélectriques formulée en 2010. Ces appréciations reposent sur des comparaisons différentes : elles ne doivent donc pas être résumées comme la preuve d’un bénéfice clinique nouveau.
Un appareillage qui demande un accompagnement
L’adaptation est réalisée sur mesure par un orthoprothésiste et s’inscrit dans un parcours encadré. L’avis décrit notamment une évaluation médicale, des tests des signaux musculaires, des essais et un apprentissage de l’utilisation. Une rééducation doit accompagner la période d’essai et l’équipe pluridisciplinaire est chargée d’évaluer régulièrement l’usage de la prothèse.
La HAS rapporte que le fabricant n’a transmis aucun événement de matériovigilance entre 2020 et 2025. Cette information ne démontre pas l’absence de tout risque : elle indique seulement ce qui a été rapporté dans les données examinées.
Les limites à connaître
L’avis ne permet pas de mesurer précisément l’effet des modifications techniques sur la qualité de vie ou l’autonomie, faute de nouvelle étude clinique spécifique. Il ne permet pas non plus d’estimer le nombre total de personnes susceptibles de bénéficier du système. À titre indicatif, environ 230 personnes ont été remboursées en France pour une prothèse myoélectrique de membre supérieur en 2024, toutes marques et situations de prise en charge confondues ; la HAS estime qu’au maximum 150 utilisaient alors un système MYOBOCK.
La commission précise enfin que les règles de sécurité et de protection des données de santé ne relevaient pas de son évaluation. Son avis indique qu’un certificat de conformité aux référentiels concernés n’avait pas été fourni dans le dossier ; il ne conclut donc pas sur le respect de ces règles.
Source : HAS – Avis sur les dispositifs médicaux
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Document d’évaluation : Avis de la CNEDiMTS du 26 mai 2026



