Ce que l’on sait sur le chrome
Le chrome présent dans les aliments et la plupart des compléments est du chrome trivalent, ou chrome III. Son rôle éventuel dans l’action de l’insuline et le métabolisme du glucose a suscité des recherches, mais le mécanisme reste incertain. Une explication biologique possible ne suffit pas à démontrer qu’un complément améliore la santé.
La question a surtout été étudiée chez des adultes ayant un diabète de type 2. Les essais ont testé différentes formes de chrome, notamment le picolinate, à des doses et pendant des durées variables. Leurs résultats ne sont donc pas directement comparables.
Ce que montrent les données
Une méta-analyse publiée en 2020 par Asbaghi et ses collègues a regroupé 28 essais portant sur des personnes atteintes de diabète de type 2. Elle a relevé une baisse moyenne de certains indicateurs, dont l’HbA1c. Toutefois, les résultats variaient fortement d’une étude à l’autre : cette synthèse ne permet pas, à elle seule, de conclure à un bénéfice fiable pour chaque personne.
Une autre méta-analyse, publiée par Zhao et ses collègues en 2022, a examiné 10 essais randomisés regroupant 509 participants. Elle a observé une différence statistiquement significative pour l’HbA1c, mais pas pour les autres indicateurs étudiés, dont la glycémie à jeun. Les résultats d’ensemble restent donc contrastés et ne démontrent pas que la supplémentation améliore de façon importante et durable le contrôle du diabète.
Les recommandations 2025 de l’American Diabetes Association estiment que les preuves sont insuffisantes pour recommander le chrome afin d’améliorer la glycémie chez les personnes vivant avec un diabète de type 1 ou de type 2. Le Bureau des compléments alimentaires des Instituts nationaux de la santé américains souligne lui aussi que la portée clinique des éventuelles baisses observées reste incertaine.
Ce que cela signifie concrètement
À ce jour, aucune dose de chrome n’est recommandée pour traiter le diabète ou faire baisser l’HbA1c. Les quantités employées dans des essais ne sont pas des consignes de prise. La supplémentation n’est pas non plus établie comme moyen de prévenir l’apparition d’un diabète de type 2.
Un complément peut interagir avec des médicaments. Le chrome pourrait, par exemple, renforcer l’effet de certains traitements antidiabétiques et favoriser une glycémie trop basse. Une petite étude a également observé une diminution de l’absorption de la lévothyroxine lorsque celle-ci était prise en même temps que du picolinate de chrome. Si vous prenez un traitement ou envisagez un complément, demandez conseil à un médecin ou à un pharmacien. Ne modifiez pas votre traitement sur cette base.
Les limites à connaître
Les essais sont souvent de durée limitée et diffèrent par les doses, les produits testés, les profils des participants et les traitements associés. Une amélioration moyenne d’un marqueur comme l’HbA1c ne signifie pas nécessairement qu’un complément prévient les complications du diabète ou apporte un bénéfice perceptible au quotidien. Le chrome ne doit donc pas être présenté comme un traitement du diabète ni comme une méthode de prévention éprouvée.
Source : Santé Magazine
Sources institutionnelle et scientifique consultées : American Diabetes Association, recommandations 2025 ; National Institutes of Health, Office of Dietary Supplements ; méta-analyses d’Asbaghi et al. (2020) et de Zhao et al. (2022).
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