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Projet de SMR Newcleo : Un débat public sous tension
Le 2 avril prochain, un débat public s’ouvrira sur le projet de réacteur nucléaire porté par la start-up Newcleo, prévu en Indre-et-Loire, en proximité de la centrale EDF de Chinon, et une usine de combustible dans l’Aube, près de Nogent-sur-Seine. Ce projet soulève de nombreuses interrogations, tant sur sa viabilité que sur les informations communiquées au public.
Un refus de participation
L’association de scientifiques Global Chance, qui regroupe des experts en physique et ingénierie nucléaire, a décidé de ne pas participer à ce débat. Son président, Bernard Laponche, critique la présentation du projet, jugée trompeuse. Selon lui, la vision de Newcleo sur la maturité de sa technologie et ses capacités à gérer les déchets nucléaires est largement incomplète et exagérée.
Des promesses douteuses
Newcleo prétend être à l’avant-garde d’une compétition internationale pour développer des réacteurs à neutrons rapides refroidis au plomb (LFR). Cependant, l’historique de cette technologie est préoccupant. Seuls quelques sous-marins russes des années 1960 ont utilisé un système similaire, avec des résultats peu concluants. Le seul projet de LFR en cours, le Brest-300, a débuté en Russie en 2021, mais ne correspond pas à un SMR.
De plus, Newcleo avance un objectif de mise en service pour 2032, une échéance jugée irréaliste par les experts. Les défis techniques liés aux réacteurs refroidis au plomb, notamment la gestion de la température et la résistance des matériaux, demeurent non résolus.
Problèmes de matière première
Un autre point crucial est l’approvisionnement en plutonium, essentiel au fonctionnement de ces réacteurs. Le plutonium pose des défis en matière de sécurité et de prolifération. Si Newcleo ne parvient pas à garantir l’approvisionnement en plutonium, son projet pourrait se retrouver sans fondement.
Des engagements sur les déchets remis en question
Newcleo promet de réduire le volume des déchets nucléaires grâce à un « multirecyclage » du combustible. Néanmoins, cette technologie n’est pas encore opérationnelle nulle part dans le monde, et sa mise en œuvre nécessiterait des avancées significatives dans le retraitement des déchets, qui ne sont qu’à un stade expérimental.
Une situation financière préoccupante
Malgré un financement de 570 millions d’euros provenant de près de 770 actionnaires, Newcleo manque d’expérience industrielle. Les investisseurs pourraient être inquiets face à l’absence de production tangible et aux investissements nécessaires pour concrétiser le projet. Dans un contexte où il est impératif de rassurer les actionnaires et d’attirer de nouveaux financements, la précipitation de Newcleo à engager le débat public soulève des questions sur la viabilité de ses projets.
Conclusion
Au regard des éléments soulevés, il semble que le débat public sur le projet de Newcleo ne soit pas à la hauteur des enjeux. Les promesses de réduction des déchets et de mise en service rapide sont à prendre avec prudence. Pour plus d’informations sur ce projet, il est possible de consulter les commentaires de Global Chance.
En parallèle, pour anticiper les coûts d’un voyage en lien avec ce sujet, il est judicieux de comparer les offres de transport et ainsi éviter les frais inutiles.




