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Politique

Présidentielle : Cagé et Finkielkraut débattent du RN et des divisions de la gauche

« Éviter l’élection de Marine Le Pen n’est pas un programme politique » : la formule mise en avant par Libération pose une question que les résultats électoraux permettent d’éclairer, sans la trancher à eux seuls. Entre une présidentielle où la gauche s’est présentée en plusieurs candidatures et des législatives où elle a largement fait campagne sous une nuance commune, les chiffres montrent surtout que s’unir, accéder au second tour et convaincre pour gouverner sont trois problèmes distincts. (staging.libe.io)

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Un débat, pas un résultat de sondage

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Own work · CC BY-SA 4.0 · Source : commons.wikimedia.org

Publié le 14 octobre 2026, l’entretien de Julia Cagé et Alain Finkielkraut s’inscrit dans une série de débats organisée par Libération en vue de la présidentielle de 2027. Sa présentation annonce une discussion sur le pluralisme des médias, la progression du Rassemblement national et l’émiettement de la gauche. Le titre formule une critique politique ; il ne constitue ni une mesure de l’opinion, ni la preuve qu’un électorat suivrait telle ou telle stratégie. La partie de l’entretien accessible lors de notre vérification ne permet pas d’attribuer avec certitude la phrase du titre à l’un des deux interlocuteurs : nous ne le faisons donc pas. (staging.libe.io)

En 2022, plusieurs candidatures ; au second tour, un autre choix

Au premier tour de la présidentielle du 10 avril 2022, à l’échelle de la France entière, Marine Le Pen a obtenu 8 133 828 voix, soit 23,15 % des suffrages exprimés. Jean-Luc Mélenchon en a recueilli 7 712 520, soit 21,95 %. Yannick Jadot, Fabien Roussel et Anne Hidalgo figuraient eux aussi parmi les candidats. Le scrutin comptait 48 747 876 inscrits, 35 923 707 votants et 35 132 947 suffrages exprimés ; l’abstention atteignait 26,31 % des inscrits. Ces résultats établissent la pluralité des candidatures à gauche. Ils ne démontrent pas que leurs voix se seraient additionnées derrière une candidature unique : aucun bulletin ne renseigne ce qu’aurait fait son électeur dans cette hypothèse. (archives-resultats-elections.interieur.gouv.fr)

Au second tour du 24 avril 2022, Emmanuel Macron a obtenu 18 768 639 voix, contre 13 288 686 à Marine Le Pen, soit respectivement 58,55 % et 41,45 % des suffrages exprimés. Parmi les 48 752 339 inscrits, on dénombrait 35 096 478 votants et 32 057 325 suffrages exprimés ; l’abstention était de 28,01 %. Ce résultat dit qui a remporté l’élection. Il ne dit pas combien d’électeurs ont voté pour un projet, contre une adversaire, ou pour les deux raisons à la fois. (archives-resultats-elections.interieur.gouv.fr)

En 2024, l’union a produit des sièges — pas une répétition générale

Les législatives des 30 juin et 7 juillet 2024 apportent un autre point de comparaison. Selon le ministère de l’Intérieur, les candidats classés sous la nuance « Union de la gauche » ont obtenu 178 sièges sur l’ensemble du scrutin. Les candidats classés « Rassemblement national » en ont obtenu 125. Au premier tour, ces deux nuances avaient recueilli respectivement 28,06 % et 29,26 % des suffrages exprimés. L’union a donc bien eu une traduction électorale mesurable en sièges ; elle n’a pas effacé le niveau du vote RN. (archives-resultats-elections.interieur.gouv.fr)

Encore faut-il comparer ce qui est comparable. En 2024, il s’agissait d’élire des députés dans des circonscriptions, non un président à l’échelle nationale. Le total des sièges comprend des élus dès le premier tour, tandis que les pourcentages nationaux du second tour ne portent que sur les circonscriptions où un nouveau vote a eu lieu. Présenter ces pourcentages comme un duel national entre blocs donnerait aux chiffres un sens qu’ils n’ont pas. (archives-resultats-elections.interieur.gouv.fr)

Ce que la formule oblige à distinguer

Les faits vérifiés dessinent une limite, pas une recette pour 2027. Faire barrage peut désigner un choix entre les candidats encore en lice au second tour ; présenter un programme suppose d’expliquer ce que l’on propose de faire si l’on exerce le pouvoir. L’un ne remplace pas l’autre. Les résultats de 2022 montrent qu’une gauche dispersée n’a pas accédé au second tour de la présidentielle ; ceux de 2024 montrent qu’une candidature commune dans de nombreuses circonscriptions peut obtenir des sièges. Aucun de ces scrutins ne permet de prédire les candidatures, les reports de voix ou l’issue de la prochaine présidentielle. La question politique reste entière — et les urnes passées ne fournissent pas de mode d’emploi prérempli. (archives-resultats-elections.interieur.gouv.fr)


Source principale : Libération (www.liberation.fr)

Article original : Consulter la source originale

Auteur : Simon Blin, Lucas Bretonnier

Sources complémentaires

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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