
Djibouti : Omar Guelleh en quête d’un 6e mandat présidentiel
Le président sortant Omar Guelleh se prépare à briguer un sixième mandat lors de la présidentielle prévue le 10 avril. Cette candidature fait suite à la suppression par le parlement de la limite d’âge pour se présenter. Son unique adversaire sera Mohamad Farah Samatar, ancien membre du parti au pouvoir.
Djibouti, petite nation de la Corne de l’Afrique, a su tirer parti de sa position géographique stratégique, contrôlant le détroit de Bab-el-Mandeb, un passage clé pour le commerce mondial. Dans un contexte régional instable, le pays se trouve à la croisée des intérêts économiques et militaires de plusieurs puissances internationales.
Sonia Le Gouriellec, spécialiste de la Corne de l’Afrique à l’Université catholique de Lille, souligne que la stabilité affichée par Guelleh est souvent associée à une forte surveillance interne. Le modèle économique de Djibouti, peu inclusif, bénéficie principalement à une élite tandis que l’opposition reste marginalisée, avec une partie boycottant les élections et une autre en exil.
La candidature de Samatar, à la tête du Centre démocrate unifié, est perçue comme symbolique, illustrant une opposition formelle mais sans réelle capacité à contester le pouvoir en place.
Sur le plan géopolitique, Djibouti joue un rôle central dans les routes de la soie maritime de la Chine, accueillant la première base militaire chinoise en Afrique depuis 2017. Ce positionnement stratégique a également attiré des bases militaires américaines et françaises.
La situation au Moyen-Orient impacte également Djibouti, notamment avec les tensions autour du Bab-el-Mandeb, où l’Iran a menacé d’attaquer. La présence militaire chinoise pourrait jouer un rôle dissuasif face à d’éventuelles déstabilisations.
Dans un environnement régional où les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite cherchent à étendre leur influence, Djibouti navigue entre différentes pressions extérieures. Le gouvernement a récemment nationalisé un port modernisé par une entreprise émiratie, entraînant des tensions diplomatiques.
La stabilité de Djibouti est cruciale, surtout à l’approche de la succession de Guelleh, qui pourrait s’avérer un enjeu majeur dans les années à venir.
(Source : RFI)




