Survie des personnes atteintes de cancer en Martinique : une première étude révèle des disparités significatives
Une étude récente, s’appuyant sur les données du Registre général des cancers de la Martinique, a évalué la survie des personnes diagnostiquées avec différents types de cancers entre 2008 et 2018. Ce rapport se concentre sur dix localisations cancéreuses parmi les plus fréquentes et d’intérêt territorial, fournissant des estimations de survie à un an et cinq ans après le diagnostic, stratifiées par âge et sexe, et suivant la même méthodologie que celle utilisée pour la France hexagonale.
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Les résultats révèlent des disparités significatives dans les taux de survie selon les localisations des cancers. Par exemple, les cancers de la prostate affichent un pronostic très favorable, avec une survie nette standardisée à cinq ans de 95 % en Martinique, supérieure à la moyenne de 93 % observée en France hexagonale. À l’inverse, les cancers du col de l’utérus, de l’œsophage et du poumon affichent des survies nettement inférieures aux moyennes hexagonales, avec des taux respectifs de 50 %, 3 % et 16 %.
Ces données fournissent un point de référence essentiel pour la survie des patients dans ce territoire et sont cruciales pour les acteurs de la santé, afin d’adapter les stratégies de lutte contre le cancer à l’échelle régionale.
Contexte de l’étude
L’analyse a porté sur des patients âgés de 15 ans et plus, ayant reçu un diagnostic de cancer entre 2008 et 2015, et suivis jusqu’au 30 juin 2018. Les localisations étudiées incluent l’ensemble « lèvre-bouche-pharynx », l’œsophage, l’estomac, l’ensemble « côlon, rectum et anus », le poumon, la prostate, le sein, le corps et le col de l’utérus, ainsi que les myélomes multiples et plasmocytomes.
Données et statistiques
Les résultats montrent que la survie varie considérablement selon la localisation :
- Prostate : 95 % à 5 ans
- Col de l’utérus : 50 % à 5 ans
- Œsophage : 3 % à 5 ans
- Poumon : 16 % à 5 ans
De plus, il a été observé que la survie diminue avec l’âge au moment du diagnostic pour de nombreuses localisations. Par exemple, la survie nette à cinq ans pour les cancers du col de l’utérus est de 62 % à 50 ans, diminuant à 52 % à 70 ans.
Conséquences et recommandations
Les résultats soulignent l’importance d’améliorer la participation aux dépistages organisés et d’assurer un accès plus facile aux soins pour les résidents de la Martinique. La prévalence de certaines maladies chroniques, ainsi que des facteurs socio-économiques, peuvent également influencer ces disparités. L’Institut national du cancer et Santé publique France collaborent avec l’Agence régionale de santé de la Martinique pour adapter les stratégies de lutte contre les cancers en fonction des spécificités locales.
Ce rapport constitue ainsi une base essentielle pour guider les actions futures en matière de santé publique dans la lutte contre le cancer en Martinique.
Source : Santé publique France





