Pénurie d’eau : fermeture du refuge de la Brèche de Roland en raison de sources maigres.
Les sources sont de plus en plus maigres : le refuge de la Brèche de Roland ferme à cause d’une pénurie d’eau
Canicules à répétition, déficit hydrique, les chaleurs aux sommets des Pyrénées ont eu raison de certaines sources d’altitude. En conséquence, le refuge de la Brèche de Roland – Les Sarradets ferme, ce vendredi 18 août, faute d’approvisionnement en eau.
Symbole d’une année particulièrement chaude et pauvre en précipitation estivale, la source qui alimente le refuge de la Brèche de Roland – Les Sarradets n’a plus le débit suffisant pour accueillir du public. L’établissement ferme donc à partir de demain, trois semaines avant la date prévue. Une première pour ce célèbre refuge qui domine le cirque de Gavarnie.
Pour faire fonctionner un refuge, il n’y a pas besoin de beaucoup d’eau. Mais il faut un strict minimum pour l’eau potable, la cuisine et les douches. Depuis quelques années, dans les Pyrénées, les sources ne sont plus aussi abondantes qu’auparavant pendant l’été. « On constate que les sources d’eau sont de plus en plus maigres d’année en année », explique Thibault Eydan, Conducteur d’opération à la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne, qui gère en association le refuge. « Quand le débit de la source est quasiment nul, on ne peut plus asr l’exploitation. »
Cette année, les bonnes précipitations de la saison hivernale laissaient présager des réserves d’eau solides. Cependant, des précipitations quasiment nulles depuis le mois de juin (-90 % par rapport à la période normale climatique 1991-2020) et des canicules à répétition ont fait fondre les réserves. « À cette altitude, c’est souvent de la restitution par la neige qui alimente les sources. Avec la chaleur qu’il y a eu, le névé qui l’alimentait a disparu plus tôt que d’habitude », précise Thibault Eydan.
La récupération d’eau de pluie est possible dans certains refuges, mais les volumes consommés en eau sont nettement supérieurs aux capacités de stockage dans un terrain escarpé de haute montagne. « Les sols en montagne ne stockent pas l’eau, c’est de la roche. Les réserves sont basées sur le stock des précipitations hivernales, la neige. Il y a 15 ans, 20 ans, on ne se posait pas la question parce qu’on ne voyait pas les névés disparaître de l’année et les sources coulaient à flots. Aujourd’hui, on est en tension », témoigne le conducteur d’opération.
Les gestionnaires de refuges travaillent depuis des années sur la gestion de la ressource et son utilisation a minima. Par exemple, les toilettes humides sont remplacées par des sèches et les douches fonctionnent en circuit fermé. « Le refuge était en usage minimum, c’est-à-dire de l’eau pour faire la cuisine et pour que les gens boivent. Mais quand il n’y a plus d’eau, il n’y a plus d’eau », déplore Thibault Eydan.
Les refuges voisins, comme Baysselance ou les Oulettes de Gaube, sont également étroitement surveillés en raison de niveaux d’eau très bas. En conséquence, à partir du vendredi 18 septembre 2026, il n’y aura plus aucune possibilité de restauration ni de couchage au refuge de la Brèche de Roland – Les Sarradets.
Source : France 3 Régions
