Pêcheurs de la Côte d’Azur alertent sur la hausse des prix du carburant et le technocratisme
Pêcheurs de la Côte d’Azur : une profession en péril face à la hausse des prix du carburant
Ce jeudi matin, des pêcheurs de la Côte d’Azur, représentant des communes de Beaulieu, Villefranche, Nice, Cannes et Antibes, ont bloqué l’entrée du bassin Lympia à Nice pour tirer « la sonnette d’alarme ». Arnaud Allari, de la prud’homie de Saint-Jean-Cap-Ferrat, a déclaré : « Dans tout le bassin méditerranéen, tous les pêcheurs, petits métiers, chalutiers, thoniers, on est tous main dans la main. »
Les professionnels du secteur dénoncent une situation critique, affirmant qu’ils « n’y arrivent plus ». Actuellement, le nombre de patrons pêcheurs dans le département ne dépasse pas une centaine. Ils se disent « complètement asphyxiés » par l’augmentation du prix du gazole, qui a grimpé à 1,40 euro le litre, avec des prévisions d’atteindre 1,50 euro. À titre de comparaison, Julien Cepero rappelle qu’il était en dessous de 80 centimes avant la guerre en Ukraine. Un pêcheur de la Prud’homie d’Antibes, qui consomme 600 litres de gazole par semaine, as : « Aujourd’hui on sort à perte. »
La hausse des prix du carburant a des répercussions directes sur leur rentabilité et sur le pouvoir d’achat de leurs clients. Les pêcheurs constatent que les restaurants ne les achètent plus, préférant se fournir auprès des grandes surfaces en raison des normes européennes jugées trop lourdes à gérer.
Cette situation est exacerbée par la réglementation croissante qui freine leur activité. Parmi les nouvelles obligations, la VMS (système de suivi des navires) et le gilet de sauvetage connecté (MOB) sont particulièrement critiqués. Jean-Marc Magliona, pêcheur à Beaulieu, qualifie la VMS de « mouchard » qui surveille leurs temps de sortie en mer. Quant au gilet MOB, son coût de plus de 700 euros, contre 200 pour d’autres modèles, pèse lourd sur leurs finances.
Face à ces défis, les derniers professionnels maralpins appellent à une reconnaissance de leur spécificité et à davantage de souplesse dans la réglementation.
Source : Nice-Matin.
