La France a engagé des échanges techniques avec les autorités talibanes afin de permettre le renvoi de certains Afghans en situation irrégulière, notamment de personnes visées par une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et considérées comme une menace pour l’ordre public. Paris affirme que ces contacts ne valent pas reconnaissance du régime. La possibilité d’installer un groupe de travail taliban au consulat afghan à Paris, évoquée par Le Monde, reste contestée par le ministère des Affaires étrangères.

Des discussions présentées comme un enjeu de sécurité

Laurent Nuñez a confirmé l’existence de « discussions techniques » avec les autorités talibanes lors d’une audition à l’Assemblée nationale. Le ministre de l’Intérieur a justifié cette démarche par la volonté de pouvoir éloigner des Afghans qui, selon lui, peuvent représenter une menace pour l’ordre public.
Le Quai d’Orsay a également confirmé ces échanges au JDD le 5 novembre. Le porte-parole du ministère, Pascal Confavreux, les a présentés comme un moyen de renvoyer directement des ressortissants afghans en situation irrégulière et jugés dangereux. La mesure vise donc une partie des personnes sous OQTF, et non l’ensemble des Afghans présents en France.
La France indique toutefois ne pas reconnaître les talibans et ne pas envisager de le faire. Le ministère rappelle que Paris n’entretient plus de relations diplomatiques avec eux depuis leur retour au pouvoir en 2021 et que l’ambassade française à Kaboul est fermée. La page officielle du Quai d’Orsay confirme l’absence de relations diplomatiques et précise que l’ambassade demeure fermée. (diplomatie.gouv.fr)
Un groupe de travail évoqué, mais pas confirmé par Paris
Selon Le Monde, les autorités talibanes auraient obtenu un accord de principe pour créer un groupe de travail dans les locaux du consulat d’Afghanistan à Paris. Le quotidien rapporte que les membres de cette structure seraient désignés par les talibans, tandis que le consulat resterait jusqu’ici aux mains de représentants de l’ancien régime afghan. (lemonde.fr)
Interrogé sur cette information, Pascal Confavreux a déclaré qu’aucune délégation talibane ne se trouvait alors au consulat. Il a ajouté que les autorités françaises rendraient publique toute évolution en la matière. À ce stade, l’installation d’un tel groupe de travail n’est donc pas présentée comme effective par le ministère.
Des critiques politiques et un soutien humanitaire maintenu
Les contacts avec Kaboul ont suscité des protestations de La France insoumise, des Écologistes, du Parti socialiste et du Parti communiste. Ces formations dénoncent une rupture avec les valeurs de la République. Le gouvernement, lui, distingue le dialogue sur les retours de toute reconnaissance politique des talibans.
En parallèle, Paris affirme poursuivre son aide à la population afghane. Le Quai d’Orsay a indiqué que 187 millions d’euros d’aide humanitaire avaient été versés depuis le 15 août 2021, notamment pour lutter contre la malnutrition et soutenir les secteurs pharmaceutique et hospitalier.
Source : Toute l'actualité du Journal du dimanche (www.lejdd.fr)
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Auteur : leJDD







