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Pulsars et sursauts radio : ce que les radiotélescopes révèlent des mystères du cosmos

Les radiotélescopes ne captent pas des voix venues du vide : ils enregistrent des ondes électromagnétiques émises par des astres et des phénomènes cosmiques. En les filtrant et en les comparant, les scientifiques étudient notamment les pulsars, les galaxies et les sursauts radio rapides. Certains signaux restent difficiles à expliquer, mais aucun n’a confirmé à […]

À RETENIR

L’essentiel en quelques secondes

  • Les radiotélescopes ne captent pas des voix venues du vide : ils enregistrent des ondes électromagnétiques émises par des astres et des phénomènes cosmiques.
  • En les filtrant et en les comparant, les scientifiques étudient notamment les pulsars, les galaxies et les sursauts radio rapides.
  • Certains signaux restent difficiles à expliquer, mais aucun n’a confirmé à […]

Des antennes pour recueillir des ondes invisibles

Les étoiles, les planètes et les galaxies émettent, en plus de la lumière visible, des ondes radio que l’œil humain ne peut pas percevoir. Les radiotélescopes les recueillent avec de grandes antennes, puis des récepteurs et des outils informatiques les amplifient et les analysent. Les chercheurs doivent isoler les émissions cosmiques du bruit électronique et des interférences terrestres, au milieu d’immenses volumes de données.

Plusieurs antennes peuvent aussi être coordonnées pour fonctionner comme un seul instrument. Cette méthode permet de repérer des détails qui échapperaient à une antenne isolée. Ces équipements ne sont pas exclusivement consacrés à la recherche d’une éventuelle vie extraterrestre : ils servent d’abord à étudier l’évolution des galaxies, les étoiles à neutrons, les champs magnétiques et d’autres phénomènes énergétiques.

En France, l’Observatoire radioastronomique de Nançay, dans le Cher, réunit notamment un grand radiotélescope, des antennes du réseau européen LOFAR et l’instrument NenuFAR. Leurs observations portent entre autres sur les galaxies, les pulsars, le Soleil et les émissions radio associées aux planètes et aux exoplanètes. LOFAR relie des antennes réparties dans huit pays européens.

D’autres installations complètent ce réseau mondial : MeerKAT, composé de 64 antennes paraboliques en Afrique du Sud, le Very Large Array et le Green Bank Telescope aux États-Unis, ainsi que le radiotélescope chinois FAST, dont l’antenne principale mesure 500 mètres de diamètre. MeerKAT participe aussi aux travaux préparatoires du Square Kilometre Array (SKA), un vaste projet de radiotélescopes en construction en Afrique du Sud et en Australie. (skao.int)

Des impulsions régulières aux signaux énigmatiques

La radioastronomie prend son essor dans les années 1930, lorsque l’ingénieur américain Karl Jansky repère une émission provenant de la région centrale de la Voie lactée. En 1959, les physiciens Giuseppe Cocconi et Philip Morrison avancent que des signaux radio pourraient servir à rechercher d’éventuelles civilisations extraterrestres. L’année suivante, l’astronome Frank Drake lance le projet Ozma, une recherche ciblant des étoiles proches.

Les observations ont depuis révélé des phénomènes très différents. Les pulsars, découverts en 1967, sont des étoiles à neutrons en rotation rapide qui émettent des impulsions régulières. Les sursauts radio rapides, ou FRB, sont au contraire des flashs très intenses, parfois limités à quelques millisecondes. Leur origine reste étudiée ; les magnétars, des étoiles à neutrons fortement magnétisées, figurent parmi les explications envisagées.

Un FRB détecté par MeerKAT le 4 mars 2024 a été identifié comme provenant d’une galaxie située à une époque où l’Univers n’avait qu’environ trois milliards d’années. Le télescope spatial James-Webb a permis d’observer sa galaxie hôte. L’annonce de cette identification, le 8 octobre 2026, met aussi en lumière l’intérêt des FRB pour étudier la matière traversée par leurs émissions au cours de leur trajet cosmique. (science.nasa.gov)

Les signaux associés au système GJ 687, présentés en 2026, offrent une autre piste d’étude. Ce système abrite une exoplanète, et les émissions radio observées pourraient être liées à une interaction entre l’astre et son étoile. Elles ne sont pas interprétées comme un message extraterrestre, mais pourraient aider à étudier les champs magnétiques et les environnements planétaires. (lira.observatoiredeparis.psl.eu)

Un signal ne suffit pas à établir une origine

Le signal Wow!, détecté le 15 août 1977 par le radiotélescope Big Ear de l’université d’État de l’Ohio, demeure l’un des cas les plus connus. Il a duré environ 72 secondes et n’a pas été observé de nouveau malgré plusieurs tentatives. L’astronome Jerry Ehman avait inscrit « Wow! » à côté de son enregistrement. Son origine reste inconnue : rien ne permet d’affirmer qu’il provenait d’une civilisation extraterrestre.

Autre énigme, l’objet GLEAM-X J162759.5−523504.3 a été repéré dans des données du radiotélescope australien MWA recueillies en 2018. Décrit par des chercheurs en 2022, il émettait des impulsions de 30 à 60 secondes environ, espacées d’environ 18 minutes. Plusieurs hypothèses ont été avancées, dont celles d’un magnétar ou d’une naine blanche fortement magnétisée. Les émissions ont été observées pendant plusieurs mois, puis ne sont plus apparues dans les observations rapportées. D’autres objets aux impulsions très lentes, comme GPM J1839−10, sont également étudiés. (icrar.org)

La recherche SETI cible notamment des signaux artificiels susceptibles de se distinguer des émissions naturelles. Mais une anomalie ne constitue pas une preuve : il faut écarter les interférences terrestres, vérifier la provenance du signal et, si possible, le retrouver grâce à de nouvelles observations. À ce jour, aucune transmission extraterrestre intelligente n’a été confirmée.

Les futurs instruments, dont le SKA, doivent accroître la sensibilité des observations et ouvrir de nouvelles possibilités d’étude. En attendant, ces « grandes oreilles » explorent surtout des phénomènes naturels, parfois encore mal compris. Chaque signal analysé permet de mieux connaître l’Univers, sans pour autant apporter de réponse définitive à la question d’une vie ailleurs.


Source : Espace : actualités, podcasts, vidéos et analyses – RFI (www.rfi.fr)

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Auteur : Nenad Tomic

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