Des expulsions de matière plutôt qu’une perte régulière
En vieillissant, le Soleil deviendra une géante rouge, puis finira sa vie sous la forme d’une naine blanche. Il perdra alors une partie de sa masse. Les études précédentes modélisaient généralement cette perte comme un processus progressif et régulier : les orbites des planètes s’élargiraient, mais resteraient stables pendant une durée estimée à environ 1018 ans. En tenant compte des passages d’étoiles, la désorganisation des planètes géantes était plutôt attendue dans 30 à 100 milliards d’années. (skyandtelescope.org)
Une équipe menée par Konstantin Batygin, du California Institute of Technology, a testé un autre scénario : des pertes de masse par épisodes, aléatoires dans le temps et la direction. Chaque expulsion donnerait au Soleil une petite impulsion, susceptible de modifier peu à peu les trajectoires des planètes. Dans leurs simulations, les chercheurs ont d’abord retrouvé le résultat classique lorsque la perte de masse est régulière, même si elle est asymétrique. C’est le caractère brusque et irrégulier des expulsions qui change la dynamique. (arxiv.org)
Un risque lié à la masse éjectée
Les résultats varient selon la quantité de matière expulsée à chaque épisode. Pour les plus petites masses testées, les orbites évoluent comme dans le scénario d’une perte régulière. Pour des valeurs intermédiaires, les simulations donnent environ 20 % de chances que Jupiter et Saturne, ou Uranus et Neptune, se retrouvent dans une résonance orbitale : leurs périodes de révolution sont alors liées par un rapport de petits nombres entiers. Cette configuration ne semble pas protéger les planètes géantes d’une instabilité. (skyandtelescope.org)
Le scénario devient plus perturbateur lorsque chaque expulsion atteint au moins 10-5 masse solaire. Les modèles indiquent alors que le système extérieur peut se désorganiser à l’échelle de quelques milliards d’années. Les estimations des expulsions futures du Soleil évoquées par les auteurs atteignent 10-4 masse solaire par épisode. Dans cette hypothèse, environ 40 % des simulations aboutissent à une disruption ou à une forte dispersion des planètes avant même la formation de la naine blanche ; environ 90 % montrent une désorganisation dans les trois milliards d’années qui suivent cette étape. (skyandtelescope.org)
Une projection, pas un compte à rebours
La durée ramenée à environ un milliard d’années après la formation de la naine blanche concerne la stabilité dynamique du système solaire extérieur dans les simulations, et non la durée de vie du Soleil ou celle de la Terre. Elle remplace une estimation antérieure d’environ un milliard de milliards d’années, mais ne constitue pas une prédiction certaine : elle dépend du modèle de pertes de masse par épisodes et des valeurs retenues pour ces expulsions. (skyandtelescope.org)
L’étude, intitulée « Terminal Instability of the Solar System Triggered by Stochastic Solar Mass Loss », a été publiée en 2026 dans The Astrophysical Journal Letters. La présentation des résultats par AAS Nova a été publiée le 12 octobre 2026. (arxiv.org)
Source : Astronomy News & Astronomical Events | Sky & Telescope (skyandtelescope.org)
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Auteur : AAS Nova



