
Ombres et lumières de l’agrivoltaïsme
Dans la région des Aspres, située dans les Pyrénées-Orientales, un champ de quatre hectares et demi de vignes est équipé de panneaux photovoltaïques installés à cinq mètres au-dessus des cultures. Ce système innovant, développé par la société Sun’Agri, utilise des moteurs pour orienter les panneaux vers le soleil, tout en mesurant divers paramètres environnementaux grâce à des capteurs. Ces données sont analysées par des algorithmes d’intelligence artificielle, permettant ainsi d’optimiser simultanément la production agricole et la production d’électricité.
Le propriétaire des vignes, M. Pierre Escudié, a fait appel à cette technologie en 2017 pour contrer les effets de la sécheresse. Il constate que cette approche agronomique lui permet d’économiser de l’eau et d’obtenir un vin avec un degré d’alcool inférieur. Toutefois, il reste prudent concernant l’impact sur le rendement.
L’agrivoltaïsme, qui repose sur le principe de l’« effet parasol », vise à protéger les cultures des effets du réchauffement climatique tout en fournissant la lumière nécessaire à la photosynthèse. Cécile Magherini, directrice générale déléguée de Sun’Agri, souligne que la vente d’électricité générée par ces panneaux finance le système. De plus, les exploitants bénéficient d’une rémunération de 2 000 euros par hectare par an, garantie pendant trente ans.
Ce modèle d’agrivoltaïsme dynamique a vu le jour en France en 2009, grâce à un partenariat public-privé entre Sun’Agri et l’Institut national de recherche pour l’agriculture.
Source : Le Monde diplomatique, mai 2026





