Depuis quand êtes-vous agriculteur ?
J’exerce cette activité depuis deux ans. En fait, c’est mon épouse, Thi Thai, qui a démarré la première il y a 6 ans. Elle est d’origine vietnamienne, de la région de Nam Dinh, et une grande partie de sa famille baigne dans ce milieu depuis plusieurs générations. Nous avons commencé sur notre propriété, avec de la production hors sol, sur une surface de 8 ares, avant de louer en complément un terrain à la Ouaménie, où nous disposons de 2 hectares en plein champ. Notre production est très tournée vers le vert : laitue, roquette, céleri, chou chine, oignon vert, basilic, haricots, concombres, etc. Sans compter toute une palette d’aromates Viêt qui sont un peu notre production « signature ».
Table Of Content
- Depuis quand êtes-vous agriculteur ?
- Qu’est-ce qui vous a conduit à exercer ce métier ?
- Même si ça demeure un métier contraignant, il offre un espace de liberté devenu rare. Je ne dis pas que c’est facile tous les jours, mais pour moi qui viens du bâtiment, je préfère ce plein air à celui de la construction.
- Quelle est votre plus grande source de plaisir dans votre métier ?
- Quel est le principal obstacle que vous avez dû affronter jusqu’à présent ?
- Quel métier avez-vous exercé avant ?
- De quoi êtes-vous le plus fier dans votre vie professionnelle ?
- Quel regard portez-vous sur votre avenir d’agriculteur ? Quels sont vos projets ?
- En quoi la Chambre d’agriculture et de la pêche vous a été utile ?
- Quelle est votre machine ou votre outil le plus précieux ?
- Ce qui se passe réellement
- Pourquoi cela dérange
- Ce que cela implique concrètement
- Lecture satirique
- Effet miroir international
- À quoi s’attendre
- Sources
Qu’est-ce qui vous a conduit à exercer ce métier ?
Mon épouse ! Si le contexte de 2024 a un peu précipité cette décision, nous avions déjà convenu que je la rejoigne dans cette activité. Disons que ça s’est bien goupillé dans un contexte éminemment compliqué.
Même si ça demeure un métier contraignant, il offre un espace de liberté devenu rare. Je ne dis pas que c’est facile tous les jours, mais pour moi qui viens du bâtiment, je préfère ce plein air à celui de la construction.
Quelle est votre plus grande source de plaisir dans votre métier ?
Le plein air. Et même si ça demeure un métier contraignant, il offre un espace de liberté devenu rare. Je ne dis pas que c’est facile tous les jours mais pour moi qui viens du bâtiment, je préfère ce plein air à celui de la construction, il est moins chargé de bruit et de poussière. Et j’apprécie aussi beaucoup le contact avec nos clients sur les marchés, même si ce canal de vente est exigeant en termes d’horaires.
Quel est le principal obstacle que vous avez dû affronter jusqu’à présent ?
Les débuts sont durs financièrement quand on n’a pas la chance d’avoir soi-même des terres agricoles. Jusqu’à présent, acheter du terrain s’est avéré impossible. C’est une forme d’équation non résoluble. Pour écouler via les circuits courts, il faut se rapprocher du bassin de population du Grand Nouméa. Mais plus on s’en rapproche, plus la terre est onéreuse. Et les banques ne suivent pas. Nous sommes donc dans l’obligation d’exploiter une terre louée, avec un bail court, de 8 ans, qui nous offre peu de visibilité à long terme.
Quel métier avez-vous exercé avant ?
J’ai exercé comme électricien dans le bâtiment pendant 27 ans, à mon compte.
De quoi êtes-vous le plus fier dans votre vie professionnelle ?
Je suis fier de tout, j’aime mon parcours professionnel. Outre l’électricité, j’ai fait des toitures, vendu des placards. J’ai toujours été à mon compte. J’ai appris de toutes ces expériences et, même si j’ai fait des erreurs, je ne regrette rien. C’est aussi ça le prix de la liberté.
Quel regard portez-vous sur votre avenir d’agriculteur ? Quels sont vos projets ?
Nous avons des projets, mais ça reste la Nouvelle-Calédonie avec les freins que nous connaissons et l’incertitude à laquelle nous devons tous faire face. C’est un peu le paradoxe de ce territoire plein de promesses qui compte moins de consommateurs mais plus d’agriculteurs depuis les émeutes. Ça a créé du déséquilibre. On va donc dire qu’on a des projets sous le coude, mais qu’on ne peut pas trop le lever en ce moment…
En quoi la Chambre d’agriculture et de la pêche vous a été utile ?
Elle m’a été utile en termes de conseil, d’accompagnement administratif lors de la création de ma structure. Et le dock des engrais n’est pas qu’un espace d’achat. Leurs conseils techniques m’ont été précieux. Présent au marché de Ducos depuis août 2024, j’apprécie également son évolution et l’ambition de tendre vers le « Mangeons local ! », qui est une belle initiative.
Quelle est votre machine ou votre outil le plus précieux ?
Nous pratiquons deux types de culture. Je dirai donc le tracteur pour le plein champ et le système d’arrosage au goutte-à-goutte pour nos tables. Ce système est la matrice de notre production.
Nouvelle-Calédonie : Quand l’agriculture devient un parcours du combattant
En Nouvelle-Calédonie, un agriculteur peine à s’installer, illustrant les absurdités d’une politique agricole déconnectée de la réalité.
Frédéric, agriculteur depuis deux ans, a vu son rêve de cultiver la terre se heurter à un mur de difficultés. Son épouse, Thi Thai, a ouvert la voie il y a six ans, mais la réalité du terrain est tout sauf idyllique. Entre les loyers exorbitants et le manque de soutien bancaire, l’agriculture devient un véritable parcours du combattant. Et dire que certains politiciens parlent de « soutenir les agriculteurs » !
Ce qui se passe réellement
Frédéric et Thi Thai cultivent sur 2 hectares à Ouaménie, après avoir commencé sur 8 ares. Leur production est axée sur des légumes verts et des aromates vietnamiens, mais la réalité économique est bien plus sombre. Les débuts sont durs financièrement, et acheter des terres agricoles s’avère impossible. Les banques, quant à elles, semblent avoir oublié qu’elles sont censées soutenir l’économie locale.
Pourquoi cela dérange
Ce paradoxe est d’autant plus frappant dans un territoire qui, après des émeutes, voit une explosion du nombre d’agriculteurs mais une diminution des consommateurs. Les promesses politiques de soutien à l’agriculture se heurtent à une réalité où les terres deviennent de plus en plus inaccessibles. Un véritable jeu de chaises musicales où les agriculteurs restent debout, sans terre à cultiver.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences sont directes : un manque de visibilité à long terme pour les agriculteurs, une dépendance à des baux courts et une pression constante pour écouler les produits. La Chambre d’agriculture, bien que présente, ne peut pas compenser les lacunes des politiques publiques. Le rêve d’une agriculture locale florissante semble s’éloigner à chaque jour qui passe.
Lecture satirique
Les discours politiques sur le soutien à l’agriculture ressemblent à des promesses électorales : séduisants sur le papier, mais souvent vides de sens. Pendant que les agriculteurs peinent à joindre les deux bouts, les politiciens se pavanent en prônant le « Mangeons local ! » sans jamais se demander si les producteurs peuvent réellement vivre de leur travail. Ironique, n’est-ce pas ?
Effet miroir international
Cette situation n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires ailleurs dans le monde, où les discours sur le soutien aux agriculteurs cachent souvent des politiques qui favorisent les grandes entreprises au détriment des petits producteurs. En Nouvelle-Calédonie, il semble que l’on ait trouvé un moyen local de reproduire ces erreurs.
À quoi s’attendre
Si rien ne change, l’avenir des agriculteurs en Nouvelle-Calédonie semble sombre. Les projets restent dans les cartons, et l’incertitude règne. Les promesses politiques doivent être suivies d’actions concrètes, sinon le rêve d’une agriculture locale durable pourrait rapidement se transformer en mirage.
Sources
![[MAGAZINE] Frédéric Fernadez : une vie au grand vert](https://www.lnc.nc/sites/default/files/melody/307345/dc206f9b15996b03074306v_00136694.jpg)




