En Nouvelle-Calédonie, le FLNKS a rejeté officiellement l’accord de Bougival le 13 août 2025, contestant notamment la méthode de négociation et les garanties données à la pleine souveraineté. Ce désaccord a marqué un coup d’arrêt au processus politique envisagé à l’été 2025. Depuis, le calendrier a changé : les élections provinciales ont eu lieu le 28 juin 2026, mais le projet de réforme constitutionnelle destiné à traduire l’accord a été rejeté par l’Assemblée nationale. Au 20 octobre 2026, aucun nouvel accord institutionnel consensuel n’est établi.
Un rejet annoncé, puis officialisé en août 2025
Signé le 12 juillet 2025 à Bougival, dans les Yvelines, l’accord devait définir une nouvelle organisation politique pour la Nouvelle-Calédonie. Il envisageait notamment la création d’une nationalité calédonienne et d’un « État de la Nouvelle-Calédonie » inscrit dans la Constitution française, avec des possibilités d’évolution des compétences du territoire.
Après un congrès extraordinaire tenu le 9 août, le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) a annoncé son rejet officiel du texte le 13 août. Le mouvement a notamment contesté les conditions de la négociation et soutenu que sa délégation n’avait pas reçu mandat pour signer. Il réclamait alors la reprise des discussions en vue d’un autre accord et la tenue des élections provinciales en novembre 2025.
Cette demande de scrutin à l’automne 2025 n’a pas été suivie. Les élections, déjà reportées après les violences de 2024 et les discussions sur le statut, ont finalement été organisées le 28 juin 2026. Les résultats définitifs des trois provinces — Sud, Nord et Îles Loyauté — ont été publiés par le Haut-commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie.
Le projet de réforme n’a pas été adopté
Après le rejet du FLNKS, d’autres responsables politiques ont poursuivi les discussions. Un accord complémentaire, dit Élysée-Oudinot, a été signé en janvier 2026 afin de préciser certains points de Bougival. Cette étape n’a toutefois pas suffi à établir un consensus avec le FLNKS ni à garantir la mise en œuvre du projet.
Le 2 avril 2026, l’Assemblée nationale a rejeté en première lecture le projet de loi constitutionnelle relatif à la Nouvelle-Calédonie, qui devait traduire les orientations de Bougival et de l’accord complémentaire. La décision figure dans le compte rendu officiel de l’Assemblée nationale. En conséquence, ces changements institutionnels n’ont pas été adoptés par cette voie.
Ce que cela change pour les habitants
Pour les électeurs, le changement concret le plus immédiat est que les élections provinciales, réclamées par le FLNKS dès novembre 2025, ont finalement eu lieu le 28 juin 2026. Elles renouvellent les assemblées des provinces et le Congrès, mais ne règlent pas à elles seules la question du statut futur de l’archipel.
Pour les institutions, le rejet parlementaire signifie que le projet constitutionnel lié à Bougival n’est pas entré en vigueur. L’accord de juillet 2025 reste donc un texte politique dont la traduction institutionnelle n’a pas abouti. La recherche d’un accord suffisamment partagé demeure l’enjeu central pour la suite.
Ce qui reste incertain
Les prochaines étapes dépendront d’une éventuelle reprise des discussions entre l’État et les forces politiques calédoniennes, notamment le FLNKS et les partis non indépendantistes. À la date du 20 octobre 2026, les éléments consultés ne permettent pas d’annoncer un calendrier confirmé ni un accord commun remplaçant Bougival. Le désaccord porte toujours sur la manière de construire le futur statut et sur la place de la pleine souveraineté dans ce processus.
Source : franceinfo- Statut de la Nouvelle-Calédonie
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