Notre ancien directeur, agresseur notoire, s’est marié : une justice à double tranchant ?
Le fait principal
Yusron Azzahidi et Ziadatur Rahmah, deux anciens élèves d’un internat islamique de Lombok, en Indonésie, ont uni leurs forces pour dénoncer les abus sexuels perpétrés par leur ancien directeur, Ahmad Imanuddin Sumar, surnommé « Abah ». Après avoir subi des pressions pour garder le silence, ils ont finalement décidé de parler et de se battre pour la justice.
Ce qui s’est passé
La révélation a commencé lorsque Ziadatur, maintenant étudiante au Caire, a confié à Yusron qu’Abah l’avait agressée sexuellement à l’âge de 16 ans. Cette confession a incité Yusron à enquêter et à recueillir des témoignages d’autres victimes. Au fil du temps, plusieurs anciens élèves ont corroboré les abus, mais la route vers la justice a été semée d’embûches. Abah, conscient des accusations, a tenté de les intimider, allant jusqu’à appeler Yusron pour lui demander de mentir.
Le contexte
Les abus sexuels dans les internats islamiques en Indonésie ont été qualifiés d’urgence nationale par la Commission nationale indonésienne sur la violence à l’égard des femmes. Cependant, de nombreuses victimes subissent des pressions pour retirer leurs accusations, rendant difficile l’accès à la justice. Abah a utilisé son statut pour exercer une influence sur les victimes, en leur demandant de « cacher la honte » qui pesait sur lui.
Les chiffres à retenir
Selon des données récentes, la province de Nusa Tenggara occidental, où se situe Lombok, a traité 20 affaires d’abus sexuels dans des internats islamiques au cours des trois dernières années. Ces chiffres ne représentent probablement qu’une fraction des cas réels, indiquant une crise systémique au sein de ces institutions.
Ce que cela révèle
Cette affaire met en lumière la culture du silence qui entoure les abus sexuels dans les établissements éducatifs, en particulier dans les écoles islamiques. Les promesses d’Abah de changer se sont révélées être des mensonges, et les victimes continuent de souffrir en silence sous la pression des institutions. Pendant que le système judiciaire reste inactif, les victimes comme Sukma Rohana, qui a porté plainte, attendent toujours que justice soit faite.
Ce qu’il faut retenir
Yusron et Zia, désormais unis par leur combat pour la justice, ont réussi à dénoncer un système qui protège les agresseurs au détriment des victimes. Leur histoire est un appel à l’action pour mettre fin à l’impunité et protéger les jeunes filles de telles atrocités. L’absence de réponse adéquate des autorités souligne l’urgence d’une réforme dans la gestion des abus au sein des internats islamiques en Indonésie.
Source : BBC World Service
