Une dynamique démocrate, surtout à la Chambre
Les sondages donnent toujours l’avantage aux démocrates pour la Chambre, tandis que l’issue au Sénat est moins prévisible. La hausse des prix pèse sur la campagne : l’inflation américaine a atteint 3,7 % sur un an en septembre, selon les chiffres cités dans le bilan de campagne. Le politologue Larry Sabato, de l’Université de Virginie, a estimé sur CNN que cette progression pourrait porter un coup aux chances républicaines de conserver le Congrès.
Donald Trump voit aussi sa coalition s’effriter. Des enquêtes d’opinion signalent un recul de son soutien auprès des électeurs latinos et des jeunes, notamment parmi ceux qui espéraient une amélioration de la situation économique. Ce mouvement pourrait peser dans les scrutins serrés et réduire l’avantage que les républicains espéraient tirer du redécoupage électoral au Texas et en Floride.
Le Parti démocrate regagne parallèlement du terrain dans l’opinion. Selon Gallup, 51 % des Américains font davantage confiance aux démocrates pour maintenir la prospérité du pays, soit 20 points de plus qu’en 2024. La Maison Blanche a annoncé des mesures sur les retraites et les prix des hydrocarbures, mais celles-ci n’ont pas dissipé les inquiétudes économiques au cœur de la campagne.
Le Sénat, suspendu aux courses serrées
Les républicains évoquent la possibilité que les sondages sous-estiment leur soutien. L’analyste Nate Silver fait valoir que, même en cas d’erreur notable, l’avance démocrate pourrait suffire à faire basculer la Chambre. En privé, des responsables républicains semblent eux-mêmes moins confiants : des comités de campagne ont réduit leur soutien financier dans des circonscriptions de l’Iowa, du Nebraska et du New Jersey, jugées difficiles à conserver.
Au Sénat, les marges sont plus étroites. Selon le modèle FLIPR de Nate Silver, les républicains ont 32 % de chances de remporter au moins un siège détenu par les démocrates. Ces derniers doivent gagner quatre sièges supplémentaires pour obtenir la majorité. Une défaite dans des États comme le Michigan ou le Minnesota compliquerait leur tâche.
Le Minnesota illustre cette incertitude. La démocrate Peggy Flanagan n’y devance la républicaine Michele Tafoya que de 2,6 points dans la moyenne des sondages RealClear, contre cinq points au début de septembre. Au troisième trimestre, Tafoya a aussi recueilli davantage de fonds de campagne : 4,9 millions de dollars, contre 4,3 millions pour Flanagan.
Flanagan a remporté la primaire face à une candidate plus modérée. Son soutien à l’assurance santé publique universelle et à l’augmentation du nombre de juges à la Cour suprême pourrait toutefois inquiéter une partie des électeurs indépendants. Sa campagne est également fragilisée par un scandale de fraude à des programmes sociaux qui touche l’administration du gouverneur Tim Walz, dont elle est la numéro deux.
Tafoya, elle, cherche à prendre ses distances avec la Maison Blanche. Dans ses publicités, elle se présente comme favorable au droit à l’avortement et met en avant le soutien d’électeurs démocrates. Elle a également qualifié d’« épouvantables » les raids de la police de l’immigration à Minneapolis.
Au Texas, une campagne sous forte pression financière
Le duel texan entre le démocrate James Talarico et le républicain Ken Paxton concentre d’importants moyens. Selon les chiffres rapportés, Elon Musk a dépensé 276 millions de dollars depuis juillet pour soutenir des candidats républicains, et 366 millions en incluant les primaires. Le Senate Leadership Fund a reçu 158 millions de dollars du milliardaire en septembre, destinés au financement de cette course.
Talarico mise plutôt sur les dons individuels. Il a annoncé avoir recueilli 64 millions de dollars en trois mois, portant à 134 millions le total levé depuis le lancement de sa candidature. Sa légère avance sur Paxton s’est resserrée : elle s’établit à 2,2 points dans la moyenne RealClear citée par le bilan.
La campagne texane a aussi été marquée par une fausse rumeur visant Talarico, absent de la vie publique pendant neuf jours en raison d’une grippe. Des influenceurs républicains ont affirmé, sur la base d’un enregistrement présenté comme preuve, qu’il avait été admis dans un établissement psychiatrique de l’Ohio. L’établissement a démenti cette information.
Des dépenses record et des campagnes offensives
Les dépenses publicitaires des midterms atteignent déjà 10 milliards de dollars, selon le chiffre rapporté par le New York Times. Le total pourrait dépasser le record de 11,2 milliards enregistré lors de la présidentielle de 2024. Dans le Maine, un Super PAC républicain a même diffusé par erreur une publicité destinée aux électeurs de Portland dans l’État… auprès de ceux de Portland, dans l’Oregon.
Les publicités jouent aussi sur les préoccupations liées au coût de la vie. Dans le Mississippi, le démocrate Scott Colom a tourné en dérision les propos de sa rivale républicaine Cindy Hyde-Smith sur le prix du bœuf. La vidéo a dépassé 2,8 millions de vues en 36 heures, mais le site DecisionDeskHQ estime que Hyde-Smith a 92 % de chances de conserver son siège.
Source : France 24 – Infos, news & actualités – L'information internationale en direct (www.france24.com)
Auteur : Yona HELAOUA
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