Menopause au travail : le RN promet l’égalité, mais oublie les bouffées de chaleur !
Le fait principal
La ménopause, souvent perçue comme un simple phénomène médical, s’avère être un révélateur d’inégalités sociales et professionnelles profondément ancrées. Selon une étude menée par des chercheuses de l’Audencia et d’autres institutions, cette phase de vie touche environ 17 millions de femmes en France, dont 87 % ressentent des impacts sur leur activité professionnelle.
Ce qui s’est passé
La question de la ménopause au travail commence enfin à émerger dans le débat public français. Un rapport parlementaire de 2025 a proposé 25 mes pour mieux intégrer cette problématique dans les politiques de ressources humaines. Pourtant, la prise de conscience arrive tardivement face à un sujet qui concerne chaque année environ 500 000 femmes entrant dans cette période de leur vie.
Le contexte
La ménopause n’est pas seulement une question de santé. Elle est intimement liée à des facteurs culturels et sociaux. Dans de nombreux pays, notamment en Afrique et en Asie, elle est perçue comme une transition sociale valorisante, alors qu’en Occident, elle est souvent médicalisée, renforçant des stéréotypes liés à l’âge et au genre. Cette dichotomie souligne une inégalité fondamentale : les femmes exerçant des métiers exigeants physiquement et manquant de flexibilité sont souvent celles qui souffrent le plus de ses symptômes.
Les chiffres à retenir
– 17 millions de femmes concernées par la ménopause en France.- 500 000 femmes entrent chaque année dans cette phase.- 87 % des femmes ménopausées signalent des incidences sur leur travail.- Les femmes occupant des emplois peu flexibles sont particulièrement touchées par des symptômes difficiles à gérer.
Ce que cela révèle
La ménopause met en lumière des inégalités latentes au travail. Les femmes qui cumulent des emplois exigeants et des responsabilités domestiques sont souvent celles qui se sentent le plus isolées et moins légitimes à demander des aménagements. L’auto-exclusion professionnelle devient un phénomène courant, où des femmes renoncent à des opportunités de carrière non pas par manque de compétences, mais par anticipation d’un coût personnel trop élevé. Pendant ce temps, les politiques organisationnelles semblent privilégier celles qui sont déjà dotées de ressources, laissant les plus vulnérables sur le carreau.
Ce qu’il faut retenir
Il est temps de repenser la ménopause comme un enjeu organisationnel et social. Au lieu de la médicaliser, il faut l’intégrer dans les politiques d’égalité professionnelle et de santé au travail. Ignorer cette réalité, c’est continuer à creuser les inégalités déjà existantes. La ménopause est un levier pour une transformation nécessaire des conditions de travail des femmes.
Sources : Étude de Sophie Hennekam, Laila Benraïss-Noailles et Loubna Tahssain-Gay.
