
Mali : Une Situation Sécuritaire Critique et le Rôle de la Russie
Le Mali traverse actuellement une période critique de son partenariat avec la Russie. Le 25 avril 2026, le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et le Front de Libération de l’Azawad (FLA) ont lancé une offensive coordonnée d’une ampleur inédite depuis 2012, avec des attaques simultanées sur plusieurs villes, dont Kidal, Gao, Mopti, Sévaré, Kati et les abords de Bamako. Cette offensive a conduit à la perte de contrôle de Kidal, au retrait négocié des mercenaires russes du nord du pays, et à la mort du ministre de la Défense, Sadio Camara, tandis que le JNIM a repris le blocus sur la capitale.
Face à cette situation sécuritaire dégradante, la Russie semble jouer sa crédibilité au Mali et en Afrique. À ce jour, aucun renfort significatif en personnel ou en matériel militaire n’est arrivé de Moscou, alors que le Mali subit une pression intense de la part des groupes terroristes cherchant à renverser le régime en place. Cette inaction soulève des questions sur la fiabilité du partenariat promu par la Russie depuis 2021.
Depuis l’arrivée des premiers éléments de Wagner, suivis par l’Africa Corps, le Mali a investi près d’un milliard de dollars dans cette coopération, comprenant des équipements, des salaires de mercenaires et de la logistique, souvent compensée par des concessions minières. L’effectif russe déployé est estimé à environ 2 500 hommes. En contrepartie, Bamako a soutenu la Russie par des discours anti-occidentaux, des événements célébrant la culture russe, et des votes alignés à l’ONU.
Cependant, alors que les groupes terroristes menacent de prendre le contrôle de Gao, Tombouctou et de maintenir un blocus sur Bamako, l’absence de renforts russes soulève des inquiétudes quant à l’engagement de Moscou. La perte de Kidal, reprise en 2023, constitue un revers symbolique pour la Russie, perçu comme une trahison par de nombreux acteurs maliens.
Malgré la gravité des événements, les communications officielles continuent de minimiser la situation, évoquant des « coups d’État déjoués » et une « situation sous contrôle ». Toutefois, des hélicoptères ont été perdus, et des bases militaires ont été récupérées par les terroristes.
Ce qui se joue au Mali a des implications plus larges pour d’autres pays africains ayant choisi de s’associer avec la Russie. La question demeure : la Russie répondra-t-elle présente lorsque ses partenaires seront réellement menacés, ou privilégiera-t-elle ses propres intérêts, notamment en raison de son engagement en Ukraine ?
Les mois à venir seront déterminants pour évaluer l’efficacité du partenariat russo-malien. Si les forces russes restent en posture défensive sans efforts de reconquête, la stratégie russe dans le Sahel pourrait être considérée comme un échec.
Source : Bénin Check




