La 15e cérémonie du Prix Victoire Ingabire pour la démocratie et la paix s’est tenue à Bruxelles le 28 février 2026, alors que son inspiratrice est de nouveau incarcérée au Rwanda. Les opposants de Paul Kagame qui vivent en exil dénoncent des pressions et des menaces, tandis que certains appellent à unir leurs forces pour peser sur le pouvoir à Kigali.

Un soutien maintenu à Victoire Ingabire

Libérée en 2018, Victoire Ingabire a été arrêtée de nouveau le 19 juin 2025. Les autorités rwandaises l’accusent notamment d’incitation à des troubles. Elle conteste ces accusations, selon les informations rapportées sur son arrestation. (hrw.org)
Son ancien parti, le FDU Inkingi, aujourd’hui en exil, continue de lui apporter une aide financière. Son vice-président, Emmanuel Mwiseneza, explique que les contributions des membres servent notamment à couvrir ses frais d’avocats et certaines dépenses à Kigali, comme le logement et les déplacements. Il affirme que ce soutien ne vient pas du gouvernement rwandais.
Des opposants rwandais en exil dénoncent des menaces
Plusieurs figures de l’opposition ont connu la prison à Kigali, souvent après avoir voulu défier Paul Kagame lors d’élections, selon le récit de DW. D’autres ont quitté le pays et poursuivent leur activité politique depuis l’étranger.
Paul Rusesabagina, président du Mouvement rwandais pour le changement démocratique (MRCD), a été arrêté à Kigali après avoir été emmené de Dubaï en août 2020, rapporte DW. Libéré en mars 2023 après la commutation de sa peine, il estime que le pouvoir rwandais ne pourra pas le réduire au silence. La libération a été annoncée par le gouvernement rwandais le 24 mars 2023. (minijust.gov.rw)
Le sort de Patrick Karegeya, ancien chef des renseignements extérieurs rwandais, est également évoqué dans le débat sur les opposants en exil. Kigali a été cité dans des accusations liées à sa mort. Le général Kayumba Nyamwasa, ancien proche de Kagame installé en Afrique du Sud, affirme, pour sa part, avoir échappé à au moins trois tentatives d’assassinat qu’il attribue au pouvoir rwandais.
Kayumba Nyamwasa inscrit sur une liste rwandaise
En octobre 2025, Faustin Kayumba Nyamwasa figurait sur une liste rwandaise de personnes désignées pour terrorisme ou financement du terrorisme. Cette inscription est établie par le document du Centre rwandais de renseignement financier. (fic.gov.rw)
Alexis Rudasingwa, coordinateur en Belgique du Rwanda National Congress (RNC), dont Nyamwasa est l’un des fondateurs, affirme que cette pression ne doit pas interrompre l’action politique de l’opposition. Il reconnaît que poursuivre les activités du parti demandera des efforts et pourrait entraîner des victimes, mais assure que ses membres continueront.
L’idée d’une coalition en exil
Face aux difficultés rencontrées par les opposants, certains partis établis à l’étranger défendent la formation d’une coalition. Ils espèrent ainsi donner davantage de poids à leurs revendications et inciter le pouvoir de Kigali à dialoguer.
Le récit de la cérémonie et des prises de position rapportées ne permet pas de conclure que les opposants pourront être réduits au silence. Il met plutôt en évidence deux réalités : des responsables de l’opposition font état de pressions et de risques, tandis que des partis en exil disent vouloir poursuivre leur action et envisagent de se coordonner.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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