En France, le gouvernement mutile des adolescents. Il les étrangle, les noie, les éborgne, leur explose les dents et leur arrache des mains. Pourquoi aucune indignation médiatique ? Aucune excuse du gouvernement ? Nous ne devons jamais nous y habituer. Tout le monde doit dénoncer ce gouvernement dangereux et irresponsable.
Un adolescent a perdu une main à Lens ce 5 octobre. Quelques jours plus tôt, d’autres lycéens ont été grièvement blessés lors d’interventions policières. Dans un message publié le même jour, le député Louis Boyard met en cause le gouvernement. Les bless sont documentées ; les responsabilités, elles, doivent être établies affaire par affaire. ()
Le fait principal
Louis Boyard, député La France insoumise du Val-de-Marne, accuse l’exécutif de laisser mutiler des adolescents mobilisés devant leurs lycées. Son texte mêle plusieurs épisodes distincts. Il pose une question légitime sur l’usage de la force, mais présente comme acquises des responsabilités que les enquêtes n’ont pas encore tranchées. ()
Ce qui s’est passé
Le 28 septembre, à Saint-Ouen-l’Aumône, un lycéen de 14 ans a été blessé au visage par un projectile tiré par un policier. Plusieurs de ses dents ont été cassées. L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) enquête sur les circonstances du tir. ()
Le 29 septembre, à Alençon, une adolescente de 14 ans a été filmée alors qu’un policier la maintenait par le cou. Elle dit avoir eu du mal à respirer. La préfecture de l’Orne a, de son côté, défendu une intervention qu’elle juge proportionnée. ()
Le 30 septembre, à Tours, un lycéen de 16 ans a été blessé à l’œil lors d’un blocage. Il en a perdu l’usage. Le parquet a saisi l’IGPN : les lésions sont jugées compatibles avec l’impact d’une balle de défense, sans que cette compatibilité suffise à établir définitivement l’origine du choc. Sa famille a porté plainte pour violences par personne dépositaire de l’autorité publique. ()
Enfin, le 5 octobre, à Lens, un élève de 15 ans a perdu sa main gauche après l’explosion d’une grenade. Selon les premiers éléments présentés par le préfet du Pas-de-Calais et le procureur de Béthune, il aurait ramassé une grenade lancée par les CRS. Ces éléments restent à éclaircir dans le cadre de l’enquête. ()
Le contexte
Ces faits surviennent pendant une mobilisation marquée par des blocages de lycées et, à certains endroits, par des violences aux abords des établissements. Le 30 septembre, les ministres de l’Intérieur et de l’Éducation nationale ont tenu une conférence de presse sur la situation. Laurent Nuñez y a annoncé trois saisines de l’IGPN concernant des interventions à Sevran, Saint-Ouen-l’Aumône et Tours. Une saisine déclenche des investigations ; elle ne vaut ni condamnation des agents ni validation de leur action. ()
Les chiffres à retenir
- Trois saisines de l’IGPN annoncées par le ministre de l’Intérieur le 30 septembre, pour des faits survenus devant des lycées à Sevran, Saint-Ouen-l’Aumône et Tours. ()
- Une main perdue à Lens le 5 octobre et l’usage d’un œil perdu à Tours après les faits du 30 septembre. Ces deux bless graves ne renseignent pas, à elles seules, sur la légalité des interventions. ()
Ce que montrent les faits
Le code de la sécurité intérieure fixe la règle : la force ne peut être employée que lorsqu’elle est nécessaire et doit rester proportionnée. Le Défenseur des droits a déjà constaté un manquement à cette règle dans une autre affaire, concernant l’usage de gaz lacrymogène à bout portant contre des lycéens en 2023. Cette décision montre que le contrôle existe ; elle ne préjuge pas des dossiers de septembre et d’octobre 2026. ()
Boyard demande pourquoi il n’y aurait « aucune indignation médiatique ». La formule résiste mal aux faits : plusieurs de ces bless ont fait l’objet de reportages. En revanche, leur couverture ne répond pas à la question décisive. Pour chaque intervention, qui a fait quoi, dans quelles circonstances, et l’usage de la force était-il justifié ? Quant à l’affirmation selon laquelle des adolescents auraient été « noyés », les éléments vérifiés ici ne permettent pas de la confirmer. ()
Ce qu’il faut retenir
Les bless ne sont pas une figure de style. L’accusation d’une politique gouvernementale consistant à mutiler des mineurs, elle, n’est pas établie. Entre le déni et le verdict lancé sur les réseaux sociaux, il reste une exigence moins spectaculaire : établir les faits et rendre des comptes. ()
Source : Louis Boyard – Député du Val de Marne


