L’UE se félicite des RUP, pendant que le RN continue de prôner l’isolement insulaire.
Le fait principal
Le gouvernement français se félicite des avancées de la nouvelle stratégie européenne pour les régions ultrapériphériques (RUP), présentée par la Commission européenne, qui promet de répondre à des enjeux cruciaux comme la pêche à Mayotte, la déforestation en Guyane, et l’agriculture tropicale.
Ce qui s’est passé
Lundi 14 septembre, le gouvernement a salué les résultats d’une stratégie qui, pour la première fois, inclut un « réflexe RUP » dans l’élaboration des textes européens. Les ministères de l’Europe et des Outre-mer ont insisté sur le fait que les priorités françaises ont été largement entendues. À Mayotte, la flotte de pêche pourra être renforcée jusqu’en 2030, tandis qu’en Guyane, des adaptations réglementaires seront mises en place pour lutter contre la déforestation. De plus, une exonération de droits de douane est prévue pour 1.500 tonnes de vivaneau rouge pêché localement.
Le contexte
Cette stratégie s’inscrit dans un cadre législatif intersectoriel, s’appuyant sur l’article 349 du traité de fonctionnement de l’Union européenne. Elle vise à renforcer les spécificités des RUP face à des enjeux globaux. Le Premier ministre a également évoqué la conditionnalité de l’aide publique au développement à la coopération avec les pays voisins, un sujet particulièrement sensible à Mayotte.
Les chiffres à retenir
– Jusqu’à 1.500 tonnes par an de vivaneau rouge exonérées de droits de douane.- Prolongation de l’octroi de mer jusqu’en 2030.- Renforcement de la flotte de pêche à Mayotte jusqu’à fin 2030.
Ce que cela révèle
Derrière les promesses gouvernementales, les faits montrent un écart entre communication et réalité. Le gouvernement annonce des avancées significatives, mais ces mes ne répondent-elles pas à des besoins urgents, souvent relégués au second plan ? Le discours de la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, affirmant qu' »une bataille est gagnée » semble optimiste, voire déconnecté, face aux défis persistants dans les RUP. En effet, la prolongation jusqu’en 2040 de l’exemption du système d’échange de quotas d’émission pour le maritime et l’aérien, demandée par la France, pourrait être perçue comme une tentative de masquer une inaction sur le terrain.
Ce qu’il faut retenir
La nouvelle stratégie européenne pour les RUP est un pas en avant, mais les déclarations gouvernementales doivent être confrontées à la réalité des territoires concernés. Les enjeux environnementaux et sociaux demeurent cruciaux, et les promesses de soutien doivent se traduire en actions concrètes, loin des discours politiques enjolivés.
Source : Michel Tendil, Localtis, 14 septembre 2026
