Les prénoms : Une lutte entre les générations
Chaque année, l’Insee publie un palmarès des prénoms les plus attribués aux nouveaux-nés en France. En 2024, les prénoms les plus populaires demeurent semblables à ceux de 2023, avec Louise en tête pour les filles, suivie de Jade, tandis que Gabriel et Raphaël dominent le classement masculin. Toutefois, ces prénoms les plus choisis ne représentent qu’une minorité des naissances, soulignant une diversité significative au sein des choix parentaux.
Baptiste Coulmont, sociologue à l’École normale supérieure de Paris-Saclay, explique que cette tendance à choisir des prénoms populaires est révélatrice d’un marquage social fort. En effet, moins de 1 % des filles nées en 2024 ont été prénommées Louise, tandis que le top 10 des prénoms les plus donnés ne représente que 7 à 8 % des naissances. Cette situation met en lumière le fait que les prénoms les plus courants sont attribués à une minorité d’enfants, alors qu’il existe une grande variété de prénoms en France.
L’Insee précise également que les prénoms varient peu selon les régions, bien que des particularités locales existent. Par exemple, en Occitanie, le prénom Alba a été donné 285 fois en 2024, tandis que Gabriel reste le choix le plus populaire. Ce phénomène montre que, malgré les variations régionales, les tendances nationales dominent largement.
Coulmont souligne que le choix d’un prénom est souvent le résultat d’un processus de réflexion long et complexe pour les parents, qui cherchent à éviter les homonymies dans les classes scolaires. Ce souci de singularité peut également être lié à une évolution des normes sociales, où les prénoms courts et se terminant par le son « A » sont de plus en plus prisés.
Enfin, le sociologue met en avant l’idée que le prénom peut être un indicateur indirect de la position sociale des familles. Il existe une corrélation entre le prénom et la réussite scolaire, le niveau d’études des parents jouant un rôle significatif dans le choix du prénom. Ainsi, la fonction du prénom a évolué, devenant un élément central de l’identité sociale et culturelle des enfants.
Source : Insee, Baptiste Coulmont





