Les jeunes désertent les activités de plein air. Et si le jeu libre les ramenait dehors ?

Les jeunes désertent les activités de plein air. Et si le jeu libre les ramenait dehors ?

Les bienfaits du plein air chez les jeunes ne font plus débat : développement moteur, cognitif, social et émotionnel, en plus d’amplifier les effets de l’activité physique. Pourtant, ils passent peu de temps dehors. Ce « déficit nature » est devenu un enjeu de santé publique. Quels facteurs expliquent ce décrochage, et comment les y ramener ?

Afin de mieux comprendre le phénomène et de tester des solutions, une étude a sondé 465 parents. Les résultats confirment des tendances déjà observées dans la littérature scientifique. La participation aux activités de plein air diminue avec l’âge, et cette baisse est plus marquée chez les filles. À l’échelle mondiale, 81 % des adolescents de 11 à 17 ans sont considérés comme physiquement inactifs ; les filles le sont davantage que les garçons, avec un écart pouvant atteindre 15 % selon les pays.

Le statut socioéconomique joue également un rôle : les jeunes issus de familles à faible revenu participent moins aux sports pratiqués à l’extérieur et montrent moins d’intérêt à aller dehors. Ces familles ont de plus un accès réduit aux activités en plein air à cause du transport vers les infrastructures de plein air ou des coûts liés aux activités.

Lorsqu’un enfant présente des difficultés telles que des troubles d’apprentissage ou de motricité, le même constat est observé. Cette baisse de participation pourrait être un résultat d’une faible perception de leurs propres compétences, des préoccupations de sécurité menant à la surprotection, des contraintes d’aménagement urbain et d’accessibilité ainsi que de l’augmentation du temps d’écran.

L’étude soutient ces observations, démontrant que l’intérêt pour les activités de plein air et sportives est réduit chez les jeunes issus de familles à faible statut socio-économique et chez ceux ayant des difficultés. Des interactions montrent que l’effet de ces facteurs peut se cumuler, aggravant la tendance à s’auto-exclure en raison de défis fonctionnels.

Un résultat intéressant de l’étude concerne la créativité dans les activités de plein air, incluant le jeu dans divers environnements. Contrairement à d’autres dimensions, le score de créativité n’est pas affecté par le genre, le statut diagnostique ou le revenu familial, représentant une porte d’entrée potentiellement plus inclusive vers diverses activités extérieures.

L’approche « DYSactivation » développée dans le cadre de cette recherche propose un gradient modulable d’activités, allant du jeu libre à des sports organisés. Cela pourrait soutenir les besoins psychologiques fondamentaux des jeunes, favorisant la coopération et laissant une part de choix.

Enfin, deux autres facteurs se sont révélés déterminants : l’expérience antérieure et la confiance parentale. Plus un enfant a été exposé à une diversité de contextes de plein air, plus sa participation est élevée. De plus, lorsque les parents se sentent en sécurité quant aux activités extérieures de leurs enfants, ceux-ci participent davantage.

Repenser l’offre d’activités pour les préadolescents et les adolescents, en réintroduisant des espaces adaptés, pourrait contribuer à freiner le désengagement et à réduire le taux de sédentarité alarmant.

Source : Étude sur les activités de plein air et la participation des jeunes.

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