Santé des femmes, le grand oubli

Les femmes et la santé : un désintérêt médical aux conséquences mortelles

En santé, les femmes continuent de payer le prix fort des inégalités de genre, laissant des milliers d’entre elles dans l’ombre des décisions médicales. Un constat alarmant qui révèle une absence criante de considération pour leurs spécificités corporelles.

L’approche de la Journée internationale des droits des femmes nous rappelle un fait désolant : les femmes sont encore considérées comme des sous-citoyennes dans le monde médical. La recherche biomédicale, longtemps focalisée sur un modèle masculin, a ignoré les spécificités féminines, entraînant des conséquences dramatiques pour la santé des femmes.

Ce qui se passe réellement

Les notices de médicaments, ces bibles modernes de la santé, sont souvent muettes sur les effets spécifiques des traitements sur les femmes. Comme l’affirme Colette Denis, chercheuse en pharmacologie, « jusqu’à une époque pas si lointaine, les femmes étaient considérées comme des hommes en plus petit ». Une vision qui a conduit à leur exclusion systématique des essais cliniques, une décision qui, sous couvert de prudence, a eu des effets dévastateurs.

Pourquoi ça dérange

Le désintérêt pour les femmes dans les essais cliniques a des racines profondes. La Food & Drug Administration (FDA) a même interdit leur participation aux essais thérapeutiques dans les années 1970, suite à des scandales sanitaires. Résultat : des médicaments comme le Mediator, prescrit massivement aux femmes, ont causé des milliers de décès. En France, la mortalité hospitalière après un infarctus est deux fois plus élevée chez les femmes que chez les hommes, simplement parce que les médecins ne reconnaissent pas les symptômes féminins. Une méconnaissance qui tue.

Ce que ça révèle

Cette situation ne fait qu’exposer l’absurdité d’un système qui, au lieu de s’adapter, persiste dans ses erreurs. Les femmes sont souvent sous-représentées dans les études sur des maladies qui les touchent directement, comme les maladies cardiovasculaires. En effet, moins de 30 % des sujets dans les études sur les arythmies cardiaques sont des femmes. Cela pose la question : qui, réellement, est au centre de la recherche médicale ?

Lecture satirique

Il est presque comique de penser qu’en 2023, nous devrions encore débattre de la nécessité d’inclure les femmes dans les études médicales. Comme si la biologie féminine était un mystère à élucider, plutôt qu’une réalité à prendre en compte. Les mots « médecine bikini » résonnent comme un cri désespéré dans un monde où les maladies féminines sont souvent reléguées au second plan.

À quoi s’attendre

Malgré ces obstacles, un changement est en cours. Les National Institutes of Health (NIH) ont commencé à inclure des femmes dans leurs essais cliniques depuis les années 1990. Cependant, il reste encore beaucoup à faire. Les chercheurs doivent désormais « réserver » des places pour des femmes dans leurs études, « comparer » les résultats entre les sexes et « anticiper les coûts » liés à cette inclusion dans leurs projets. Un défi que beaucoup semblent encore réticents à relever.

Sources

Source officielle

En conclusion, il est impératif de se réveiller face à cette réalité. Les femmes méritent une médecine qui les considère pleinement, et non comme des entités secondaires. Les inégalités de genre en santé ne sont pas une fatalité, mais un défi que nous devons relever ensemble.

Santé des femmes, le grand oubli
Source : lejournal.cnrs.fr
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