Dans le canal de Panama, la guerre en Iran fait bondir les coûts de passage

Dans le canal de Panama, la guerre en Iran fait bondir les coûts de passage

Avec la guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz, le canal de Panama joue un rôle clé dans le transport de pétrole brut et de gaz naturel liquéfié. Cette voie stratégique est de plus en plus sollicitée par les raffineurs asiatiques, contraints de revoir leurs sources d’approvisionnement, notamment en se tournant vers les États-Unis.

Cette dynamique semble profiter au pays d’Amérique centrale, puisque, selon le Financial Times (FT), la forte demande en créneaux de passage a provoqué une envolée des tarifs, attribués par un système d’enchères quotidiennes. Résultat : ces enchères attirent “cinq fois plus d’offres qu’avant le conflit”.

Des prix aux enchères multipliés par dix

Les prix de passage pour les écluses Panamax, les plus utilisées, ont atteint en moyenne 837 500 dollars (environ 715 000 euros), d’après les données compilées par le média indépendant Argus Media. Ross Griffith, responsable des tarifs du fret pour les Amériques chez Argus Media, souligne que 70 % des navires transitant par la voie panaméenne utilisent ces écluses. “Les prix aux enchères ont été multipliés par dix depuis le début de la guerre en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz [par Téhéran]”, précise-t-il.

Cette hausse notable reflète la façon dont les acheteurs asiatiques se démènent pour s’approvisionner en pétrole, en carburant et en marchandises, comme le charbon, principalement depuis la côte états-unienne du golfe du Mexique.

Dans ce contexte, des compagnies semblent prêtes à payer des tarifs particulièrement exorbitants pour sécuriser leur passage. Selon le média spécialisé El Capital Financiero, un transporteur a récemment proposé une enchère atteignant 4 millions de dollars (environ 3,4 millions d’euros), attirant l’attention sur le système d’attribution de quotas du canal.

“Maximiser les revenus”

Cette hausse du trafic a favorisé l’émergence d’un “marché concurrentiel” pour l’accès aux créneaux de transit. Les compagnies maritimes privilégient la rapidité aux coûts face à des chaînes d’approvisionnement tendues. Selon l’Autorité du canal de Panama (ACP), il n’existe pas de prix uniques et fixes concernant les passages ; le système d’enchères fonctionne en temps réel pour “maximiser les revenus en période de forte demande”.

S’appuyant sur les données de l’ACP, La Estrella de Panamá rapportait le 18 avril que la voie navigable avait enregistré 6 288 transits de navires lors de la première moitié de l’année fiscale de 2026, ce qui représente 224 transits supplémentaires par rapport à la même période de l’année dernière, soit une hausse d’environ 3,7 %.


Source : Financial Times, Argus Media, La Estrella de Panamá

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