Albums, théâtre ou arts plastiques peuvent offrir aux élèves un détour pour parler de situations difficiles sans devoir raconter leur propre histoire. Mais les recherches disponibles ne permettent pas encore d’affirmer que ces activités font baisser les violences à l’école : elles suggèrent surtout des effets possibles sur les émotions et la relation aux autres.

Un support pour aborder un sujet délicat

Parler de violence devant une classe peut être difficile pour un enfant, notamment s’il a peur d’être reconnu ou de ne pas être cru. Une histoire ou une œuvre permet de discuter d’abord du vécu d’un personnage, de ses émotions et de ses choix. Cet échange peut aider à mettre des mots sur des situations qui paraissent confuses, sans demander aux élèves de témoigner de leur expérience personnelle.
Cette médiation ne garantit toutefois pas qu’un enfant parlera. Elle ne doit pas non plus transformer une séance artistique en enquête collective. L’objectif est de sensibiliser et de créer un cadre d’échange ; le recueil d’une révélation éventuelle relève ensuite d’adultes formés et des procédures de protection.
Ce que les recherches permettent de dire
Une revue critique publiée en 2026 dans la revue scientifique Future a examiné des travaux parus entre 2000 et 2025. Les auteurs ont retenu 14 études évaluant des interventions à l’école primaire ou au collège, dont deux essais randomisés. Les activités étudiées comprennent notamment le dessin, la peinture et des projets artistiques associés à d’autres approches.
Les résultats dessinent une limite importante : certaines interventions artistiques sont associées à une meilleure régulation émotionnelle ou à une baisse de la colère, des facteurs qui peuvent contribuer à prévenir les conflits. En revanche, les éléments disponibles ne suffisent pas à établir que l’art, à lui seul, réduit les comportements violents. Les résultats portant sur une baisse des sanctions scolaires proviennent de programmes plus vastes, qui combinent plusieurs actions : il est donc difficile d’isoler la contribution de l’art. La revue scientifique souligne aussi le manque de travaux consacrés aux violences sexuelles et aux jeunes enfants.
Un complément, pas une réponse unique
En France, le programme d’éducation à la vie affective et relationnelle (EVAR) à l’école, et d’éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité (EVARS) au collège et au lycée, est entré en application à la rentrée 2025. Les ressources pédagogiques officielles proposent notamment des supports culturels pour aborder les émotions, les relations et le respect. Le ministère de l’Éducation nationale précise que les approches diffèrent selon le niveau scolaire.
Pour les familles, l’essentiel est de ne pas considérer un atelier comme un moyen de dépister à lui seul une situation de violence. Si un enfant confie des faits préoccupants, le ministère recommande de l’écouter sans le forcer à parler, de le rassurer et d’alerter rapidement un adulte de confiance au sein de l’établissement. Le 119, numéro gratuit joignable 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, peut être contacté par un enfant ou par une personne préoccupée par sa situation. Les consignes du ministère et les informations de Service-Public.fr détaillent les possibilités d’écoute et de signalement.
La prochaine étape pour la recherche est donc de vérifier dans la durée ce que ces médiations changent réellement : la capacité des enfants à reconnaître une situation violente, à demander de l’aide ou à intervenir comme témoins. En attendant, l’art peut être un point d’entrée utile, à condition de l’inscrire dans une démarche de prévention et de protection plus large.
Source : enfants – The Conversation
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