À 17 ans, Thibaud Terrier a décroché trois médailles d’or — départementale, régionale et nationale — au concours « Un des Meilleurs Apprentis de France » en maçonnerie. Dans le Jura, son parcours met en lumière une voie souvent apprise en faisant : l’apprentissage, avec ses exigences concrètes, mais aussi des possibilités de poursuivre sa formation après le CAP.

Un concours mené en parallèle de l’apprentissage

Le défi de Thibaud était de réaliser un bow-window, une fenêtre en saillie, d’environ une tonne. Il a consacré deux mois à cet ouvrage, en plus de ses cours et de son travail en apprentissage, avant qu’il soit évalué à Arras. Les enduits, dernière étape, lui ont demandé patience et précision : ce sont eux qui donnent à l’ouvrage son aspect final.
Ce rythme a été éprouvant. Le jeune apprenti raconte avoir travaillé sur son ouvrage le soir à Mouchard, et avoir poursuivi les efforts malgré la fatigue. Son expérience témoigne de l’engagement demandé par cette préparation ; elle ne signifie pas qu’un tel investissement soit une condition ordinaire ou nécessaire pour réussir une formation professionnelle.
Une orientation choisie tôt, sans être écrite d’avance
La maçonnerie est aussi une histoire de famille. Le père de Thibaud dirige l’entreprise familiale, reprise de son propre père, et le jeune l’a accompagné sur des chantiers pendant ses vacances. Il dit avoir voulu exercer ce métier depuis l’enfance. Mais une vocation familiale n’est pas une obligation : son parcours est celui d’un jeune qui a choisi cette voie, et non un modèle unique pour les élèves qui réfléchissent à leur orientation.
Son apprentissage s’est déroulé dans l’entreprise de son père, tandis qu’il préparait son CAP chez les Compagnons du devoir à Mouchard. Il évoque également les contraintes physiques du métier, notamment le travail par forte chaleur ou en hiver. Ces réalités font partie des questions à poser avant de s’engager : contenus de formation, conditions de travail et accompagnement par l’entreprise et le centre de formation.
Après le CAP, continuer à se former
Thibaud a obtenu son CAP avec une mention bien et poursuit désormais en brevet professionnel (BP) maçon. Ce diplôme est accessible après un CAP de la même spécialité ou d’une spécialité voisine préparée en apprentissage ; la formation dure deux ans. L’Onisep précise que le BP vise notamment l’insertion professionnelle ou la création d’entreprise. Le jeune souhaite, à terme, reprendre l’entreprise familiale, mais explique ne pas se sentir prêt à en prendre la direction immédiatement. (onisep.fr)
Son parcours rappelle qu’un CAP n’oblige pas à entrer tout de suite dans la vie active : une poursuite d’études peut permettre d’approfondir un métier avant de choisir la suite. Pour les jeunes attirés par l’artisanat, le concours MAF peut aussi offrir un objectif concret, à condition de mesurer le temps et l’effort qu’il implique.
Source : Magazine Education Jeunesse : toutes les infos sur Le Progrès | Le Progrès
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