
Les aliments boostés en protéines : bons pour la santé ou simple argument marketing ?
Publié le 16/05/2026 à 17:20
Face à la popularité croissante des produits enrichis en protéines, l’équipe de l’émission « Vrai ou Faux » a mené une enquête. Selon plusieurs nutritionnistes, il n’existe pas de « carence généralisée en ce qui concerne les protéines » en France, et les aliments disponibles en supermarché contiennent généralement peu plus de protéines que leurs versions classiques.
Dans les rayons, le terme « protéine » est omniprésent : des céréales aux pâtes, en passant par le lait et le fromage. Ces produits sont souvent proposés à des prix nettement supérieurs, avec des biscuits protéinés coûtant deux fois plus cher que leurs homologues classiques et des pâtes enrichies, trois fois plus chères.
Une analyse des étiquettes révèle que la différence de teneur en protéines est parfois minime. Par exemple, 100 grammes de fromage classique contiennent 22 grammes de protéines, contre 26 grammes pour sa version enrichie. Dans le cas du lait, la version classique présente 3,3 grammes de protéines pour 100 millilitres, contre 5 grammes pour la version enrichie. Serge Hercberg, nutritionniste et fondateur du Nutri-Score, souligne que « les différences de teneur en protéines sont extrêmement faibles et n’ont vraiment aucun intérêt, si ce n’est un intérêt marketing. »
En ce qui concerne les céréales pour le petit-déjeuner, bien que quelques grammes de protéines supplémentaires soient présents, la composition reste similaire à celle des versions traditionnelles. Les quantités de graisses saturées et de sucre ne varient pas significativement. L’entreprise Nestlé affirme que ses produits sont conçus pour s’intégrer dans un petit déjeuner équilibré, un argument qui pourrait s’appliquer à n’importe quelle céréale.
Mais la question se pose : avons-nous réellement besoin de protéines supplémentaires ? Un adulte lambda doit consommer environ 0,8 gramme de protéines par kilogramme de poids corporel, soit environ 60 grammes pour une personne de 75 kg. Cela correspond à un yaourt et deux tranches de pain de mie le matin, un blanc de poulet avec des pâtes le midi, et une portion de lentilles avec du fromage le soir. Selon Chantal Julia, nutritionniste en santé publique, « en moyenne, en France, il n’y a pas de carence généralisée en ce qui concerne les protéines. On a plutôt tendance à en consommer en excès. »
Ainsi, pour un adulte en bonne santé, choisir des versions protéinées de produits industriels semble n’avoir que peu d’intérêt nutritionnel.
Sources : Franceinfo, Serge Hercberg, Chantal Julia.





