Le travail tue des mineurs : après des drames, le débat relancé sur les stages scolaires

Par Julien Munoz
Publié le 28 avril 2026 à 21h39

Arnaud Darthenay s’oppose à ce que la mort de son fils, Axel, 16 ans, survenue en juin 2025 lors d’un stage en entreprise à Saint-Lô (Manche), devienne une simple statistique. Depuis ce drame, il s’est engagé pour faire entendre la voix des familles touchées par des accidents évitables. Son combat vise l’arrêt des stages d’observation en classe de troisième et de seconde, qu’il juge dangereux pour les élèves.

Darthenay déclare : « Des mineurs meurent dans un contexte dans lequel ils ne devraient pas se trouver. » Il souhaite que son tragique récit ne soit pas celui d’une autre famille. Sa pétition, signée par 5 000 personnes, réclame des changements significatifs.

Il y a deux semaines, un élève de 15 ans d’un lycée professionnel du Gard a également perdu la vie, écrasé par un chariot élévateur sur son lieu de stage dans une entreprise de BTP. Ces événements tragiques ont incité l’État à proposer une révision des stages scolaires.

Le député Philippe Gosselin a interpellé le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, pour demander un rendez-vous avec les parents d’Axel, après plusieurs mois de silence de la part des autorités.

Le gouvernement envisage de modifier les stages d’observation, qui sont obligatoires depuis 2005 pour la classe de troisième et depuis 2024 pour la classe de seconde. Ces stages, jugés peu utiles par de nombreux syndicats, pourraient être remplacés par des visites groupées en entreprise.

Antonio Gomes, co-secrétaire de Sud Éducation dans la Manche, souligne que « le travail tue des mineurs », en rappelant que plus de la moitié des accidents du travail chez les moins de 25 ans surviennent durant la première année en entreprise.

Derrière les statistiques se cachent des vies perdues. Le 30 avril 2025, un élève apprenti maçon de 15 ans est mort sur un chantier à Saint-Martin-du-Var. D’autres tragédies similaires ont été rapportées, notamment celle d’un lycéen préparant un bac professionnel, décédé en Saône-et-Loire, et d’une jeune femme de 19 ans en formation dans un lycée agricole.

Pour Arnaud Darthenay, l’enjeu dépasse son propre drame : il s’agit de faire reconnaître que ces morts ne sont ni inévitables ni acceptables. « On ne peut pas accepter que des jeunes disparaissent là où ils étaient censés apprendre, avancer, grandir », conclut-il.

Source : Actu.fr

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