Face aux vagues de chaleur et aux records de températures que la France a connus durant l’été 2026, la problématique du rafraîchissement des bâtiments prend une importance cruciale. Le projet RADCOOL, dirigé par Jérémie Drévillon, maître de conférences à l’Institut Pprime de Poitiers, se penche sur cette question en proposant des solutions innovantes qui vont au-delà des méthodes traditionnelles de climatisation.

Les limites de la climatisation traditionnelle

Actuellement, de nombreux bâtiments reposent sur la climatisation active pour se rafraîchir. Cette méthode, bien qu’efficace à court terme, pose plusieurs problèmes : elle consomme une quantité d’énergie considérable et contribue à la surconsommation électrique, comme l’indique une hausse de 25% pendant la canicule de juin 2025. De plus, les fluides frigorigènes utilisés peuvent s’avérer nocifs pour l’environnement en cas de fuite. Dans un contexte urbain, la climatisation génère des îlots de chaleur, augmentant les températures environnantes et créant des impacts négatifs sur la santé des citadins.
Le refroidissement radiatif passif : une alternative prometteuse
Pour répondre à ces enjeux, le projet RADCOOL se concentre sur le développement de matériaux permettant un refroidissement radiatif passif. Ce procédé utilise le rayonnement infrarouge pour dissiper la chaleur vers l’espace, sans électricité. Jérémie Drévillon souligne que grâce aux avancées technologiques, notamment l’utilisation de couches minces de matériaux nanostructurés, il est désormais possible de réfléchir efficacement le rayonnement solaire tout en maximisant l’évacuation de la chaleur. Le premier prototype de revêtement développé dans le cadre de RADCOOL promet des performances de refroidissement impressionnantes, capable de générer jusqu’à 90 Watts de froid par mètre carré.
Applications et intégration urbaine
Les premiers revêtements ont été conçus pour les toits, favorisant un échange thermique maximal avec l’atmosphère. Cependant, des recherches sont en cours pour développer des solutions à appliquer sur les façades, limitant ainsi les effets de réchauffement sur la voirie et les bâtiments voisins. Drévillon précise que ces matériaux pourraient non seulement servir de systèmes de refroidissement autonomes mais également s’intégrer dans des systèmes de climatisation classiques, produisant de l’eau froide pour redistribution.
Défis pour le passage à l’échelle industrielle
Bien que le projet ait démontré les possibles applications du refroidissement radiatif passif, plusieurs obstacles doivent encore être surmontés avant sa commercialisation. Drévillon évoque des défis normatifs et des besoins de collaboration avec des industries pour développer un système prêt à l’emploi, notamment en matière de performances et de coûts. La recherche sur des systèmes de mesure pouvant établir des références standardisées est également déterminante pour le déploiement industriel de ces technologies.
Un besoin urgent de repenser nos bâtiments
Enfin, Jérémie Drévillon met en évidence que la question du refroidissement ne doit pas se limiter à des solutions technologiques innovantes. Il insiste sur l’importance de repenser la conception même des bâtiments : améliorer leur isolation, optimiser la protection solaire, et faire évoluer les réglementations thermiques sont des enjeux tout aussi cruciaux afin de créer des espaces de vie qui, de plus, s’adaptent au réchauffement climatique. La réflexion sur la ventilation et l’orientation des bâtiments s’avère primordiale pour limiter le besoin en climatisation.
Source : ANR.fr
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