
Médecins étrangers : le gouvernement promet de simplifier les titularisations des Padhue face à la désertification médicale
Le ministère de la Santé a annoncé, ce mercredi 29 avril, la préparation d’un texte de loi visant à simplifier la procédure de titularisation des praticiens diplômés hors de l’Union européenne (Padhue). Cette mesure est attendue par des milliers de professionnels de santé exerçant en France dans des conditions précaires.
Le président Emmanuel Macron a exprimé son mécontentement, le 27 avril, concernant le sort des Padhue, notamment ceux d’origine algérienne, qui doivent repasser des concours pour obtenir leur titularisation et travailler dans les mêmes conditions que leurs homologues européens, après parfois des années d’exercice dans les hôpitaux français.
Le gouvernement s’engage à « simplifier » ces procédures et prévoit de lancer prochainement des concertations avec les ordres professionnels, les représentants des Padhue, ainsi que des médecins et établissements de santé. L’objectif est de « reconnaître » leur travail tout en garantissant « la sécurité des soins ».
Actuellement, pour être titularisés, les Padhue doivent passer un concours, les Épreuves de Vérification des Connaissances (EVC), suivi d’un Parcours de Consolidation des Compétences (PCC), un stage de deux ans qui peut être écourté sous certaines conditions. Le ministère souhaite modifier cette procédure pour mettre fin à la logique de concours, en ouvrant des postes en fonction des besoins territoriaux et en attribuant les postes aux Padhue selon leur mérite. Cela pourrait éviter des déplacements qui perturbent leur insertion professionnelle.
En 2025, la région Centre-Val de Loire a obtenu 191 postes de Padhue, principalement dans des départements où la pénurie de médecins est la plus aiguë, tels que l’Indre et l’Eure-et-Loir, qui comptent seulement 194 médecins pour 100 000 habitants.
Ces médecins sont considérés comme « précieux » pour l’accès aux soins, selon le ministère. De 2019 à 2023, la loi Santé a déjà contribué à régulariser une partie des situations administratives bloquées des Padhue.
Le ministère envisage également de donner plus de poids aux chefs de service pour la validation des parcours et de mieux définir les attentes en amont des PCC. En janvier 2026, les ex-Padhue devenus titulaires représentaient 9,2 % des médecins en activité régulière, contre 4,1 % en 2010. Une étude de 2025 révèle que la majorité d’entre eux sont diplômés d’Algérie, de Tunisie, de Syrie, du Maroc ou du Liban, avec des spécialités telles que la médecine générale, la psychiatrie et l’anesthésie-réanimation.
La proportion d’anciens Padhue varie fortement d’un département à l’autre, allant de 1,4 % dans les Pyrénées-Atlantiques à près de 30 % dans des départements comme l’Aisne et l’Eure-et-Loir, souvent dans des zones périurbaines et rurales défavorisées.
(Source : AFP)






