Le Francoprovençal : Une Langue à la Croisée des Chemins
La langue savoyarde, souvent perçue comme distincte de l’ensemble occitan, mérite une attention particulière. Le francoprovençal, qui inclut le savoyard, a été reconnu par l’Inspection générale de l’éducation nationale en France, grâce aux efforts du professeur Marc Bron. Ce dernier a été un fervent promoteur de l’enseignement du savoyard et a même traduit des poèmes de Jean-Alfred Mogenet, contribuant ainsi à la valorisation de cette langue. Malgré cette reconnaissance, il est regrettable qu’aucun institut universitaire public ne soit encore dédié au francoprovençal en France. Des organismes privés, comme l’Institut de la Langue savoyarde ou l’Institut Pierre Gardette à Lyon, jouent un rôle important, mais cela ne suffit pas à établir une reconnaissance académique solide.
Il est essentiel de noter que le Centre d’études francoprovençales, situé en Italie, dans le Val d’Aoste, est considéré comme le principal institut dédié à cette langue. C’est là qu’a eu lieu le premier colloque international de littérature francoprovençale, soulignant l’importance de cette langue au-delà des frontières françaises.
Un regard sur l’histoire littéraire révèle que des figures comme Amélie Gex, une poétesse savoyarde, ont également contribué à tisser des liens entre la Savoie et d’autres régions francophones. Son affiliation au Félibrige, une association littéraire, a permis de créer un pont culturel entre Montpellier et Chambéry. Amélie Gex, sous le pseudonyme de Dian de la Jeânna, a été soutenue par des écrivains comme Louis-Xavier de Ricard, qui a plaidé pour une société ouverte à tous les progressistes. Ce réseau littéraire a renforcé l’identité francoprovençale, mais il reste encore du chemin à parcourir.
La géographie joue également un rôle dans la compréhension du francoprovençal. La Savoie, située sur la rive gauche du Rhône, partage des liens historiques avec la Provence, notamment par le biais des Allobroges, un peuple gaulois ayant été assimilé dans la Gaule narbonnaise. La langue francoprovençale, parlée aussi sur la rive droite du Léman, témoigne des échanges culturels et linguistiques qui ont eu lieu au fil des siècles.
La chanson de geste Girart de Roussillon, souvent considérée comme un exemple de la richesse littéraire de cette époque, témoigne également de ces influences. Bien qu’elle soit écrite en occitan, elle utilise un dialecte proche du francoprovençal, illustrant ainsi la complexité des échanges linguistiques dans la région.
Il serait donc judicieux de considérer le francoprovençal comme une variante des études occitanes. Bien que cela ne soit pas encore le cas en France, l’Université de Turin propose un cours de filologia e letteratura provenzale, ce qui ouvre des perspectives intéressantes pour l’étude de la langue. Les liens entre le Val d’Aoste et Turin sont significatifs, et des figures comme Amélie Gex pourraient trouver une place d’honneur dans ces études.
Pour anticiper les coûts d’un voyage d’étude ou d’une recherche, il est essentiel de comparer les options disponibles. Cela permettrait non seulement d’éviter les frais superflus, mais aussi de maximiser les ressources pour la promotion du francoprovençal.
En conclusion, il est impératif qu’un organisme universitaire public dédié au francoprovençal soit établi, que ce soit à Montpellier, à Chambéry, à Grenoble ou à Turin. La création d’un tel institut pourrait non seulement renforcer l’identité savoyarde, mais également favoriser les échanges culturels et linguistiques nécessaires à la pérennité de cette langue.
Pour ceux qui envisagent de voyager dans ces régions, n’oubliez pas de réserver votre hébergement à l’avance pour garantir un séjour agréable et enrichissant.



