L’Assemblée nationale : entre souveraineté numérique et la mainmise du RN sur nos données ?
Le fait principal
Le 16 juillet 2026, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale a publié un rapport alarmant sur la dépendance numérique de la France, appelant l’État à reprendre le contrôle face à l’influence grandissante des géants technologiques américains.
Ce qui s’est passé
Après six mois d’auditions, le rapport, présidé par Philippe Latombe (MoDem) et rapporté par Cyrielle Chatelain (EcoS), a mis en lumière que 79% des dépenses publiques en logiciels en 2025 étaient destinées à des éditeurs américains. Malgré une légère baisse par rapport à 2024, la dépendance financière aux entreprises comme Microsoft et Google reste inquiétante, avec des achats estimés à 1,5 milliard d’euros par an. La mission a également dénoncé le manque de rigueur dans la classification des éditeurs, mettant en avant des erreurs qui faussent les chiffres sur les commandes européennes.
Le contexte
Ce rapport arrive dans un contexte où l’irresponsabilité des politiques européennes face aux GAFAM est de plus en plus critiquée. Les sanctions dérisoires infligées aux géants du numérique et l’inefficacité du RGPD sont mises en exergue. L’Irlande, en tant que leader sur le RGPD, est particulièrement pointée du doigt, ayant recouvré seulement 0,6% des 3,5 milliards d’euros d’amendes prononcées entre 2020 et 2024. En parallèle, la stratégie française d’accueil de data centers suscite des inquiétudes quant à l’impact environnemental et à la domination des big techs sur le marché.
Les chiffres à retenir
– 79% des dépenses publiques en logiciels en 2025 vont à des éditeurs américains.- 87 millions d’euros d’achats Microsoft par les collectivités en 2025.- 1,5 milliard d’euros par an d’achats publics auprès d’acteurs américains.- 5.587 demandes de divulgation de Microsoft satisfaites à 75% par les autorités américaines en 2025.- 60.000 demandes pour Google, satisfaites à 89%.
Ce que cela révèle
Le rapport souligne une dépendance alarmante des administrations françaises aux solutions américaines, tout en mettant en lumière les failles d’une politique censée protéger la souveraineté numérique. La promesse d’une transition vers des solutions open source semble, sur le papier, séduisante. Mais face à la réalité des chiffres et à l’absence de sanctions efficaces contre les GAFAM, on ne peut s’empêcher de se demander si cette volonté de souveraineté n’est pas qu’une façade. Le RN, qui prône une souveraineté nationale, devrait peut-être se pencher sur l’incohérence de son discours face à cette situation. Un vrai paradoxe pour un parti qui se veut le défenseur de la France, mais qui s’accommode des intérêts étrangers.
Ce qu’il faut retenir
La commission d’enquête de l’Assemblée nationale met en lumière une dépendance numérique préoccupante de la France envers les géants américains. Alors que l’État se prépare à prendre des mes pour promouvoir des solutions libres, les chiffres révèlent une réalité bien plus complexe et inquiétante. La souveraineté numérique, tant prônée, reste à prouver dans les faits.
Source : Localtis, Olivier Devillers
