
Adoption d’une proposition de loi pour les villages de montagne à l’Assemblée nationale
Mercredi, l’Assemblée nationale a voté une proposition de loi visant à mieux prendre en compte les spécificités des territoires de montagne. Ces zones, souvent considérées comme un angle mort des politiques publiques, représentent environ 30 % du territoire français et font face à des défis uniques, tels que l’enclavement, l’isolement et les impacts du dérèglement climatique.
La loi, co-signée par 122 députés de divers partis, répond à des problématiques urgentes comme les fermetures de classes, l’accès aux soins, et la gestion de l’eau. Le rapporteur du texte, Jean-Pierre Vigier (LR), a souligné l’importance d’unir les forces politiques pour apporter des réponses concrètes aux habitants de ces territoires, affirmant que « la montagne n’a pas de couleur politique ».
Le principe de « différenciation territoriale », inscrit dans la loi depuis 1985, est renforcé par cette nouvelle législation. Quarante ans après la première loi montagne, Vigier a exprimé des inquiétudes quant à l’absence de progrès significatif.
La proposition de loi a été adoptée par 42 voix contre 11, avec le soutien majoritaire des députés, à l’exception des Écologistes et de La France insoumise. Elle introduit des mesures pour adapter la carte scolaire en zone de montagne, prenant en compte des critères d’isolement et de transport lors des décisions d’ouverture ou de fermeture d’écoles. De plus, elle renforce l’accès aux soins, notamment par l’utilisation de transports sanitaires aériens dans les régions les plus isolées.
Les débats ont cependant été vifs concernant la gestion de l’eau et les règles d’urbanisme. Les groupes écologiste et de La France insoumise ont critiqué le manque de priorisation des usages de l’eau, notamment entre l’eau potable et celle utilisée pour la neige artificielle, une pratique de plus en plus courante dans le contexte de réchauffement climatique.
Les échanges ont révélé des visions divergentes sur l’avenir des montagnes. La députée LFI Sylvie Ferrer a exprimé des craintes sur la commercialisation des territoires montagnards, plaidant pour une protection renforcée des écosystèmes fragiles. À l’opposé, le député RN Alexis Jolly a dénoncé une vision trop idéalisée de la montagne, soulignant les enjeux économiques pour les habitants.
À ce jour, aucune date d’examen n’est prévue au Sénat pour ce texte, qui devra poursuivre son parcours législatif.
Source : Le Dauphiné



