La souveraineté alimentaire, ce n’est pas pour demain

La souveraineté alimentaire, ce n’est pas pour demain
Tahiti, le 21 avril 2026 – La politique agricole en Polynésie française, déjà critiquée dans un rapport de 2017, est à nouveau sous le feu des critiques. Le récent rapport de la Chambre territoriale des comptes (CTC) met en lumière des problématiques alarmantes : une baisse de la production, une hausse des prix, des importations de riz en augmentation, et des politiques publiques jugées inefficaces.
 
Dans ce rapport, qui sera rendu public prochainement, la CTC examine la politique agricole et la souveraineté alimentaire depuis 2020. Les résultats ne sont pas encourageants, révélant une détérioration de l’efficacité de l’administration, notamment sous l’ancienne gouvernance d’Édouard Fritch. Cette analyse fait suite à des contrôles sur l’établissement public Vanille de Tahiti et la chambre de l’agriculture et de la pêche lagonaire.

Bien que la CTC souligne un “effort de transparence de l’action publique” avec la publication de schémas directeurs et des investissements prévus de 102 milliards de francs, elle note que “le redressement espéré de l’agriculture locale n’est pas au rendez-vous”.

En examinant la production de coprah, par exemple, la CTC constate une chute de -21 % en valeur et de -23,7 % en tonnages entre 2020 et 2023. Ce phénomène illustre le fossé entre les ressources publiques allouées et les résultats obtenus. “Entre 2020 et 2023, les importations agricoles ont atteint 63 milliards de francs, soit le double de la production locale commercialisée (30,4 milliards)”, ajoute le rapport.

La production de taro, de fei ou de uru a également souffert, enregistrant une baisse de -67 % depuis 1995. D’autres filières, comme les légumes et les fruits, ont connu des baisses respectives de -11 % et -19,8 % en tonnages. Pendant ce temps, les importations de riz ont augmenté de 41 %, soulevant des inquiétudes sur la santé publique. “La Polynésie française s’est éloignée de son objectif d’autonomie agricole et alimentaire”, conclut la CTC, notant paradoxalement une augmentation des recettes fiscales sur les importations, atteignant 70,8 milliards de francs.


La hausse des prix masque la baisse de production
Onze des 13 filières identifiées ont connu une baisse de leur volume de production entre 2020 et 2023, entraînant une hausse des prix pour les producteurs afin de maintenir leur rentabilité. Cette situation contribue à un mouvement inflationniste qui pèse sur le consommateur.

Cette hausse des prix masque la perte en volume par un maintien, voire une augmentation, en valeur, cachant ainsi la précarité de l’agriculture et l’inefficacité des politiques publiques en Polynésie française.

Pour tenter de redresser la filière, la CTC évoque la nécessité d’une “logique collective de la profession comme contrepartie à l’octroi d’aides”, malgré le morcellement du tissu économique.

Le président du Pays, Moetai Brotherson, a déclaré qu’il partage les observations de la CTC et les considère comme un soutien pour accélérer les réformes, moderniser la gouvernance et améliorer l’efficience des dispositifs, avec pour objectif d’améliorer la souveraineté alimentaire du pays.


Les 10 recommandations de la CTC

 

– Publier, à partir de 2026, des statistiques agricoles fiables et complètes.

– Compléter, à partir de 2026, le dispositif de veille statistique par des études agroéconomiques.

– Réorganiser, fin 2027, les instances de régulation des marchés agricoles sur la base d’une étude d’impact économique.

– Amender le schéma directeur de l’agriculture en 2026 à partir d’un bilan à mi-parcours.

– Mettre en place, à partir de 2026, un dispositif d’indemnisation des éleveurs pour prévenir la propagation de pandémies.

– Créer, à partir de 2026, un laboratoire d’analyses vétérinaires pour améliorer les contrôles sanitaires.

– Développer, dès 2026, les contrôles de sécurité sanitaire des produits agricoles sur site.

– Présenter, en 2026, un schéma directeur du foncier à l’assemblée de la Polynésie française.

– Achever, au plus tard fin 2027, la mise en place d’outils informatiques pour la gestion du foncier agricole.

– Consigner, à partir de 2026, les procédures de sélection des dossiers dans un règlement intérieur de la commission consultative des aides agricoles.


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