La Russie et l'église orthodoxe russe à la manœuvre en Afrique - Les dessous de l'infox

La Russie et l’Église orthodoxe russe à la manœuvre en Afrique

Actif en Europe pour défendre les intérêts du Kremlin, le patriarcat de Moscou l’est également en Afrique, où l’Église orthodoxe russe affirme avoir considérablement accru son audience. Des fuites de documents provenant d’entités russes paraétatiques permettent de documenter le travail de sape entrepris contre l’Église catholique en Afrique et l’autorité du pape.

L’alignement du patriarcat de Moscou de l’Église orthodoxe russe avec le Kremlin, notamment en matière de politique étrangère et de la situation en Ukraine, devient un élément clé de l’influence russe dans le Sud Global. Le récent voyage du pape Léon XIV en Afrique a été l’objet d’une offensive de dénigrement relayée sur les comptes pro-russes des grandes plateformes, notamment sur la chaîne Telegram Rybar Africa, liée au ministère russe de la Défense. Des attaques ciblant les chrétiens non orthodoxes se sont multipliées, alimentées par un écosystème de médias numériques sous influence russe. Ces publications s’inscrivent dans la continuité des opérations d’influence documentées par l’organisation Impact-All Eyes on Wagner, qui a publié des rapports sur la désignation des groupes chrétiens non orthodoxes comme agents occidentaux.

Lou A-Osborn, qui a participé à ce projet avec le consortium Forbidden Stories, Dossier Center, iStories et OpenDemocracy, souligne que l’officine Politologie africaine, contrôlée par le SVR, le renseignement extérieur russe, qualifie les groupes chrétiens non orthodoxes d’agents occidentaux pour saper l’influence de l’Occident en Afrique.

L’enquête publiée par Impact-All Eyes on Wagner repose sur 1 431 pages de documents internes de « la Compagnie », qui désigne les entités associées à l’ancien chef de Wagner, Evgueni Prigozhine. Ces documents incluent des narratifs artificiellement propagés sur les réseaux sociaux.

Pour évaluer la pratique du fact-checking en Afrique francophone, Boureima Salouka, journaliste burkinabè et coordinateur de la Plateforme africaine des fact-checkers francophones (Paff), met en avant les défis auxquels fait face cette discipline journalistique, notamment l’accès limité aux sources d’information et les pressions exercées par certaines plateformes.

Source : Impact-All Eyes on Wagner.

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