Des tensions persistent autour de l’édition des manuels scolaires numériques en Île-de-France, où la région continue à proposer des contenus éducatifs semblables à ceux de ses précédents « manuels libres », malgré une injonction judiciaire de retrait.

Ce qui s’est passé
Le 3 novembre 2026, les éditeurs privés de manuels scolaires ont exprimé leur indignation concernant les décisions de la région Île-de-France. En effet, après un arrêt du tribunal administratif de Montreuil, la région avait été sommée de retirer ses manuels numériques de la plateforme Pearltrees d’ici au 2 novembre. Ces contenus, jugés « libres » et modifiables, avaient été proposés gratuitement aux lycées franciliens sous l’administration de Valérie Pécresse (LR). Les éditeurs estiment que cela constitue une concurrence déloyale puisqu’ils ont vu leurs revenus chuter de 80 %. En dépit de la décision de justice, la région s’est défendue en affirmant avoir retiré les manuels, mais le contenu proposé par Pearltrees reste similaire.
Ce que cela change localement
La situation suscite des inquiétudes parmi les acteurs du secteur éducatif. Les manuels numériques, qui ont été adoptés dans une cinquantaine de lycées, sont maintenant remplacés par ceux de Pearltrees, selon Patrice Lamotte, son PDG. Ces contenus, bien qu’actualisés, sont fondamentalement similaires aux précédents. L’association des Éditeurs d’éducation a qualifié cette démarche de « détournement de la décision de justice », mettant en lumière un éventuel déficit d’égalité dans l’accès aux ressources éducatives. Les conséquences de cette situation pourraient être lourdes pour les éditeurs privés, qui dépendent fortement de leur activité en Île-de-France.
Ce que l’on sait
Depuis 2019, la région Île-de-France a engagé une numérisation des lycées, octroyant des tablettes et ordinateurs aux élèves. En parallèle, elle a signé un contrat de 18 millions d’euros avec Pearltrees pour distribuer du contenu scolaire numérique. Toutefois, le coût exact de la création des 68 manuels numériques n’a pas été divulgué malgré les interrogations des élus de l’opposition.
Ce que l’on ne sait pas encore
La question des responsabilités financières reste en suspens, notamment concernant le budget alloué à la création des manuels. La portée de l’appel lancé par la région Île-de-France suite à la décision de justice n’est pas claire et pourrait influencer l’avenir des manuels numériques. On ignore également comment la transition vers des plateformes éducatives publiques et gratuites, comme Éléa, pourrait se concrétiser face à la montée en puissance de solutions privées comme Pearltrees. De plus, les retours des conseils de parents d’élèves sur cette numérisation, en particulier sur l’apprentissage, ne sont pas encore largement partagés.
Source : franceinfo- Paris-Ile-de-France
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