
La nouvelle archevêque de Canterbury, Sarah Mullally, première femme à occuper ce poste, entame samedi une visite de quatre jours à Rome et au Vatican, où elle sera reçue par le pape Léon XIV.
Sarah Mullally, qui effectue son premier voyage à l’étranger depuis son intronisation il y a un mois, rencontrera lundi matin le chef des 1,4 milliard de catholiques.
Cette audience avec le pape marque le soixantième anniversaire d’une rencontre historique en 1966 entre l’archevêque Michael Ramsey et Paul VI, la première à ce niveau depuis la création de l’Église d’Angleterre au XVIe siècle, suite à la rupture du roi Henri VIII avec Rome.
Les relations entre les deux Églises se sont régulièrement améliorées, bien que des désaccords subsistent, notamment sur l’ordination des femmes, ce qui rend la visite de Sarah Mullally particulièrement significative.
À 63 ans, mariée et mère de deux enfants, elle est la première femme à diriger l’Église d’Angleterre, qui compte 85 millions de fidèles.
Les premières femmes évêques anglicanes ont été nommées aux États-Unis en 1989, et leur ordination a été autorisée au sein de l’Église d’Angleterre depuis 2014, bien que cela demeure un sujet de division.
À l’inverse, l’Église catholique a rejeté à plusieurs reprises l’idée de prêtres femmes, tandis que les prêtres hommes sont tenus au célibat, sauf dans le cas des prêtres anglicans mariés qui choisissent de se convertir.
Les militantes des droits des femmes, espérant des avancées sous l’ancien pape François, estiment que la visite de Sarah Mullally pourrait influencer les positions du pape Léon XIV. Selon Sylvaine Landrivon, porte-parole de l’association catholique féministe Magdala, « si une femme archevêque vient le voir, cela va peut-être faire réfléchir un peu le pape ».
Une « communauté chrétienne unie »
Cette visite intervient six mois après que le roi Charles III est devenu le premier gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre à prier aux côtés d’un pape. Dans une lettre adressée à l’archevêque de Canterbury pour son intronisation, Léon XIV a exprimé son souhait d’une « communauté chrétienne réconciliée, fraternelle et unie ».
L’évêque Anthony Ball, représentant de l’archevêque auprès du Saint-Siège, a souligné que cette rencontre constitue « une occasion importante de construire et d’établir une relation personnelle » et de renforcer les liens institutionnels.
Les deux leaders religieux sont confrontés à de nombreux défis communs, notamment des questions sociales pressantes telles que l’immigration, la pauvreté et l’environnement, ainsi que les violences sexuelles sur mineurs au sein de leurs Églises respectives.
La nomination de Sarah Mullally a suscité des divisions au sein de la Communion anglicane, en raison de son sexe et de sa position en faveur du mariage entre personnes homosexuelles. Anthony Ball anticipe que le pape Léon XIV se montrera « respectueux » de sa nomination.
Pour Anthony Ball, Sarah Mullally et le pape Léon XIV ont jusqu’à présent fait preuve d’une « grande écoute », cherchant à discerner comment avancer ensemble face aux enjeux sociétaux actuels.
Source : AFP.



