La loi Lamine-Guèye : il y a 80 ans, les

La loi Lamine-Guèye : 80 ans de citoyenneté pour les habitants des colonies françaises

Le 7 mai 1946, le président du Gouvernement provisoire de la République française, Félix Gouin, promulguait la loi Lamine-Guèye, qui étendait pour la première fois la citoyenneté française à tous les habitants des colonies françaises. À partir du 1er juin 1946, tous les ressortissants des territoires d’outre-mer, y compris l’Algérie, obtiennent la qualité de citoyen, au même titre que les nationaux français de la métropole.

Cette loi met fin au Code de l’Indigénat, en vigueur depuis 1881, qui imposait un régime disciplinaire et d’exception aux sujets jugés réfractaires à la « civilisation ». Avec l’adoption de la loi Lamine-Guèye, tous les ressortissants des territoires d’outre-mer, notamment en Afrique noire et à Madagascar, bénéficient désormais de droits civiques.

Contexte historique

Avant cette loi, seuls les habitants des Quatre Communes — Dakar, Gorée, Rufisque et Saint-Louis — pouvaient revendiquer la citoyenneté française. La loi Lamine-Guèye, portée par Amadou Lamine Guèye, alors maire de Dakar et député socialiste, marque une avancée significative dans la reconnaissance des droits des Africains sous domination coloniale française.

Conséquences et critiques

Bien que la loi ait doublé le nombre de citoyens français, elle n’a pas nécessairement conduit à une égalité totale. Selon des experts, la Constitution de la IVe République, adoptée en octobre 1946, maintenait une hiérarchie entre les citoyens, ceux des territoires d’outre-mer étant soumis à des droits différents selon leur origine. Cette situation a été qualifiée de « citoyenneté impériale », distincte de celle des Français métropolitains.

Amadou Lamine Guèye a continué à jouer un rôle central dans la politique française et sénégalaise, devenant représentant de la France à l’ONU en 1956, puis sénateur. Il a milité pour l’autonomie des territoires d’outre-mer tout en maintenant une position ambivalente sur le colonialisme.

Héritage

Malgré son influence sur l’évolution politique et sociale du Sénégal, Amadou Lamine Guèye demeure relativement méconnu, tant en France qu’au Sénégal, où peu de lieux portent son nom. La loi Lamine-Guèye reste cependant une étape cruciale dans l’histoire des droits civiques en France.

Source : France24

Source
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire